Les affaires sont les affaires. Le groupe américain Alphamin Resources a annoncé mercredi 9 avril la réouverture de la mine d’étain Bisie, située dans la province du Nord-Kivu en RDC, celle où le groupe M23 parrainé par le Rwanda occupe des territoires miniers

Cette annonce est intervenue dans la foulée de la récente visite à Kinshasa de Massad Boulos, conseiller de Donald Trump pour l’Afrique. Cette implication au plus haut niveau de la Maison-Blanche n’est pas anodine : elle révèle des intérêts stratégiques, tant financiers que commerciaux, au cœur de la relance de cette mine congolaise.
Premier maillon de cette chaîne d’influence, le fonds d’investissement Denham Capital. Basé à Londres et à Boston, il détient plus de 57 % du tour de table d’Alphamin Resources. Spécialisé dans les métaux critiques et les infrastructures durables, Denham finance des projets qui alimentent la transition énergétique, notamment en dehors des sphères d’influence chinoise. A l’annonce de la réouverture de la mine, l’action Alphamin a bondi à la Bourse de Toronto, clôturant la séance du 9 avril en hausse de 28 %. A la clé, une meilleure valorisation de la participation de Denham Capital dans l’entreprise. Second relais d’influence américaine, Gerald Metals, négociant de matières premières est le client unique d’Alphamin (monopsone).
Société basée à Londres, mais historiquement très active aux Etats-Unis, Gerald Metals commercialise l’intégralité de la production de Bisie, en lien avec des industries de haute technologie et d’électronique, gros débouchés d’étain.
Au-delà des considérations sécuritaires locales, Bisie s’inscrit dans une dynamique mondiale de compétition pour l’accès aux métaux critiques. A elle seule, la mine congolaise a représenté 6 % de l’offre mondiale d’étain extrait en 2024.
La reprise des activités à Bisie s’explique par l’éloignement des rebelles à plus de 130 km de la mine. Une nouvelle dégradation de la situation sécuritaire pourrait à nouveau compromettre la continuité des opérations, puisque c’est l’avancée de groupes armés dans l’est de la RDC qui avait conduit Alphamin Resources à suspendre ses activités en mars dernier.
Alors que la stabilité à Bisie est cruciale pour les intérêts américains, cette évolution préfigure un engagement plus direct de Washington en RDC. La Maison-Blanche discute actuellement avec Kinshasa d’un accord permettant aux Etats-Unis de contribuer à la sécurité dans l’est du pays, en échange d’un accès privilégié aux minéraux critiques congolais.


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