Comme partout ailleurs, en Afrique également, l’économie numérique et le commerce électronique africains ont su tirer leur épingle du jeu dans cette période de Covid-19. C’est la conclusion que tire dans un nouveau rapport la Commission économique pour l’Afrique (CEA), l’organisme des Nations Unies dont le siège est à Addis Abeba.
La CEA a passé au peigne fin ce secteur qui a connu l’une des croissances les plus fortes de la décennie précédente. L’objectif était notamment d’évaluer l’impact qu’a eu le Covid-19 en 2020. Sa principale conclusion est que « le numérique (économie)peut être un puissant vecteur de l’économie africaine avec le potentiel d’alléger bon nombre des fardeaux économiques du Covid-19. Mais plus important encore, le commerce électronique et le commerce numérique peuvent servir de moteur puissant pour la relance économique désormais requise ».
Les auteurs du rapport estiment que des facteurs socio-économiques sans précédent tels que les dividendes démographiques de l’Afrique dont 50% de ses citoyens ont moins de 35 ans avec 500 millions de comptes d’argent mobile, pourraient générer 500 milliards de dollars américains de commerce numérique d’ici 2030.
Ainsi, le rapport montre que le commerce électronique et l’économie numérique ont considérablement augmenté de 2000 à 2019, mais aussi que la pandémie de Covid-19, bien que « grave avec les effets sanitaires et économiques associés, a ouvert de nouvelles opportunités pour l’économie numérique du continent ».
Selon les auteurs du rapport, publié la semaine dernière, plus précisément le 20 mars 2021, lors d’un évènement parallèle à la Conférence annuelle des ministres africains des Finances, de la planification et du développement économique de la CEA, « la croissance du secteur a été rendue possible grâce à l’amélioration des taux de pénétration d’Internet, à la réduction des coûts d’Internet et à la croissance de la téléphonie mobile ».
L’un des auteurs, Guy Futi, déclare dans une présentation qu’en 2019, « l’Afrique a enregistré une croissance sans précédent de la numérisation avec quelque 290 millions de personnes connectées à Internet, un investissement de 1,4 milliard de dollars américains en capital-risque et plus de 30% des adultes en Afrique du Sud, au Nigéria, en Égypte et au Kenya déclarent posséder des téléphones portables ».
Cependant, la législation semble aller moins vite que n’évolue le secteur du numérique et du commerce électronique. « Le régime réglementaire (…) reste inégal et est caractérisé par une faible applicabilité », souligne toujours la CEA dans ce rapport. Or, en Afrique le secteur de la téléphonie mobile a déjoué tous les pronostics et les services financiers et ceux de la logistique et du transport qui lui sont associés ne cessent de tirer profit du développement du capital-risque et du financement.







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