«Le monde comme il va.» Ou plutôt comme il allait puisqu’il est question, ici, d’une rétrospective des évènements qui ont marqué l’année 2023. La guerre de Gaza entre Palestiniens et Israéliens rappelle la lancinante question de la sécurité collective comme faillite d’un système international (ONU) qui n’a pas réponse à toutes les situations de conflits et même de tensions politiques de moindres risques. Mais d’autres questions liées au changement climatique, à la lutte contre la pauvreté, les relations Nord-Sud, les migrations, l’économie et les politiques intérieures menées par les Etats ont jalonné une année 2023 qui aura apporté peu de changements notoires par rapport à 2022 et dont la plupart des évènements se prolongent, naturellement, dans l’année qui commence.
Le 8 janvier, au Brésil, une réédition de la prise du Capitole par les pro-Trump est rééditée par les partisans de Bolsonaro, , qui prennent d’assaut le Congrès National. Ces manifestations de centaines de soutiens de l’ex-Président, survenues au Congrès, au palais présidentiel et à la Cour Suprême, symbolisent le refus d’une frange de la population d’accepter l’entrée en fonction du Président nouvellement élu, Luiz Inacio Lula da Silva.
Janvier 2023 annonce également l’Avènement de l’Intelligence artificielle (IA) générative pour le grand public. ChatGPT annonce avoir dépassé les 100 millions de comptes enregistrés, deux mois après son lancement le 30 novembre 2022. Au mois de mars, avec 1,6 milliard de visites, la plateforme devient l’application connaissant la croissance la plus rapide au monde.
Le premier mois de l’année finit dans un bain de sang : Une explosion dans une mosquée située dans le quartier général de la police à Peshawar, au Pakistan, fait 100 morts et plus de 225 blessés. C’est l’attentat le plus meurtrier depuis une décennie. Jamaat-ul-Ahrar, un groupe dissident de Tehreek-e-Taliban Pakistan, revendique l’attaque.
Le 6 février, un séisme majeur frappe Gaziantep, en Turquie, suivi d’une réplique de magnitude 7,5 sur l’échelle de Richter, ravageant le sud de la Turquie et le nord de la Syrie, et causant plus de 50 000 morts. Les opérations de secours sont compliquées par les répliques et le froid hivernal, qui contribue à de nombreux décès sous les décombres. En Syrie, l’acheminement de l’aide est entravé par l’isolement et les sanctions, avec des craintes sur l’accès des zones rebelles par les secours.
Le 20 février, Joe Biden débarque en Ukraine, quelques jours avant le premier anniversaire de l’invasion russe qui a déclenché la guerre. Lors de cette visite, au cours de laquelle il rencontre son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, le numéro 1 américain annonce une aide supplémentaire de 500 millions de dollars à l’Ukraine.
Le 10 mars est un jour inoubliable : L’Arabie saoudite et l’Iran concluent un accord de réconciliation surprise. Plus étonnant, c’est la Chine qui a facilité cet accord de rapprochement inattendu entre l’Iran et l’Arabie saoudite, marqué par la réouverture de leurs ambassades respectives et des discussions entre leurs ministres des Affaires étrangères. Cette « réconciliation » des frères ennemis renforce l’influence de la Chine dans la région, et remet en question la présence américaine et les pourparlers de normalisation entre l’Arabie saoudite et Israël.
Le 23 mars, le gouvernement français fait passer une réforme des retraites, très impopulaire, provoquant des manifestations dans tout le pays avec plusieurs centaines de milliers de participants. La loi vise à augmenter l’âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans d’ici 2030, et son vote provoque des grèves dans divers secteurs, bloquant des infrastructures essentielles. Le Conseil constitutionnel valide la réforme malgré les appels à un référendum, et la loi est adoptée après l’utilisation de l’article 49.3.
Le 15 avril éclate un nouveau conflit au Soudan surnommé la « guerre des généraux » oppose l’armée au pouvoir et les Forces de soutien rapide (FSR). Les hostilités se propagent dans tout le pays, notamment à Khartoum et le Darfour. Les FSR mènent des attaques visant à prendre le contrôle du gouvernement, utilisant des frappes aériennes et de l’artillerie lourde. En un mois, plus de 1 800 personnes décèdent et plus d’un million sont déplacées. Plus de 25 millions de Soudanais sont en situation de détresse humanitaire en raison de graves pénuries alimentaires et d’eau.
Le 6 mai, Charles III est couronné roi du Royaume-Uni, succédant à sa mère, la reine Élisabeth II. Marquant le premier couronnement en Grande-Bretagne depuis 70 ans, cet événement est également le deuxième dans l’histoire à être diffusé à la télévision. Charles III devient le 40e monarque à être couronné à l’abbaye de Westminster, et il accède également au trône de 14 autres pays du Commonwealth.
Le 24 juin, Evgueni Prigojine, chef du groupe de mercenaires Wagner, lance ses troupes vers Moscou, dans une rébellion surprise contre le gouvernement russe qu’il justifie par un manque de soutien dans son action en Ukraine. Cette action est perçue comme une tentative de putsch par Vladimir Poutine. Le Service fédéral de sécurité de la fédération de Russie ouvre une enquête contre Prigojine pour « incitation à la mutinerie armée », tandis que Vladimir Poutine dénonce une « trahison interne. » Après des pourparlers avec le Président biélorusse, Alexandre Loukachenko, les accusations sont abandonnées et Wagner accepte de stopper son avancée à travers la Russie pour « éviter un bain de sang. »
Le 26 juillet, un énième coup d’État est perpétré au Niger. Ce pays rejoint le Mali et le Burkina Faso en étant dirigé par une junte militaire. Après le renversement du Président Mohamed Bazoum, le général Abdourahamane Tiani s’autoproclame chef de l’État. Ce coup d’État s’accompagne de manifestations marquées par des critiques anti-françaises, visant à dénoncer la présence militaire de la France, l’ancienne puissance coloniale, dans le pays. Cette situation de tension extrême contraint le Quai d’Orsay à évacuer 577 ressortissants français.
Le 23 août, le chef du groupe Wagner meurt dans un crash d’avion, deux mois seulement après sa tentative de «rébellion» contre Moscou. L’avion transportait neuf autres personnes, dont le numéro deux du groupe Wagner, Dmitri Outkine. L’agence fédérale du transport aérien russe confirme la mort de tous les occupants de l’avion, dont Prigojine et Outkine. Le groupe Wagner confirme la mort de son chef le même jour, et Vladimir Poutine présente ses condoléances à la famille Prigojine.
Le 8 septembre, un séisme majeur frappe le Maroc. D’une magnitude comprise entre 6,7 et 6,9 sur l’échelle de Richter, il est le plus important enregistré dans le pays. L’épicentre se situe à 71,8 km au sud-ouest de Marrakech, provoquant également une réplique de magnitude 4,9. Le bilan provisoire annoncé le 27 septembre par le ministère de l’Intérieur est de 2 960 morts et 6 125 blessés, principalement concentrés dans les provinces d’Al Haouz et de Taroudant. Les secousses causent d’importants dégâts, l’effondrement de nombreux bâtiments et sont ressenties dans plusieurs régions du Maroc, ainsi qu’au sud de l’Espagne.
Quatre jours seulement après le drame marocain, la Libye va être secouée, le 12 septembre, par une catastrophe naturelle qui va causer des milliers de morts et de disparus.
Dans la ville de Derna, en Libye, des pluies torrentielles de la tempête méditerranéenne Daniel virent au désastre avec la rupture de deux barrages, entraînant des inondations massives qui submergent des quartiers entiers et emportent des objets et des corps en mer. Près de 3.300 personnes décèdent et plus de 43 000 sont déplacées.
Le 7 octobre, des combattants du Hamas lancent, à partir de Gaza, une attaque sanglante sur le sud d’Israël, massacrant plus d’un millier de personnes. Cette série d’attaques implique le tir massif de roquettes sur le territoire israélien, ainsi que l’incursion de quelque 3000 combattants palestiniens en Israël. Les attaques font près de 1.200 morts, à la fois parmi les soldats israéliens et la population civile. Ces événements font de cette journée l’une des plus meurtrières de l’histoire d’Israël et marque une tragédie sans précédent pour les Juifs depuis la Shoah. La réplique d’Israël ne se fait pas attendre et, en cette fin d’année 2023, le bilan établi par le Hamas fait cas de plus de 20.000 morts et des villes devenues des champs de ruines, sans aucune perspective d’arrêt des combats à court terme.
Le 19 novembre marque l’élection de Javier Milei en Argentine. L’économiste ultralibéral remporte la présidentielle en Argentine avec une victoire retentissante. Cet homme politique anti-système obtient 55,6% des voix contre 44,3% pour son adversaire, le ministre centriste de l’Économie Sergio Massa. Le Président élu promet une « thérapie de choc » pour mettre fin à la décadence et reconstruire le pays, en abordant des problèmes tels que l’inflation, la stagnation économique, l’insécurité et la pauvreté. Il prévoit des réformes audacieuses, y compris des coupes dans les dépenses publiques.
Le 17 décembre, l’émir du Koweït, Cheikh Nawaf al-Ahmad Al-Sabah, décède à l’âge de 86 ans, après un mandat de trois ans marqué par des conflits politiques à répétition à la tête de ce pays du Golfe riche en pétrole. En novembre, il avait été admis à l’hôpital « en raison d’un problème de santé urgent ». Cheikh Nawaf avait été nommé prince héritier en 2006 par son demi-frère, Cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, et a pris la relève en tant qu’émir à sa mort en septembre 2020, à l’âge de 91 ans.











