fbpx

La BM revient sur « l’onde de choc de la pandémie de Covid-19 »

Pinterest LinkedIn Tumblr +

Hausse de la pauvreté, sévère récession pratiquement partout dans le monde, baisse des transferts des travailleurs migrants, un fardeau de la dette plus lourd… Voilà quelques-uns des constats que dresse la Banque mondiale et qui sont des conséquences directes de la pandémie du Covid-19.

« La pandémie qui sévit depuis un an a frappé de plein fouet les populations déjà pauvres et vulnérables, menaçant de pousser dans la pauvreté des millions d’individus supplémentaires », souligne la Banque mondiale dans une analyse publiée la semaine dernière. Il s’agit d’une malheureuse inversion de tendance. En effet, comme le soulignent les experts de la Banque, au cours de ces dernières années, « le nombre de personnes dans le monde vivant avec moins de 1,90 dollar par jour avait progressivement diminué depuis plusieurs décennies ».

Ainsi en 2020, ce sont entre « 88 et 115 millions de personnes supplémentaires » qui vont tomber dans la pauvreté, selon les différents scénarios élaborés par la Banque mondiale. La majorité des « nouveaux pauvres » vivront en Asie du Sud, l’Afrique subsaharienne venant juste après avec près de 26 millions de pauvres supplémentaires.
Les professions les plus touchées sont celles liées aux services, au bâtiment à l’industrie manufacturière, soit autant de secteurs où « l’informel prédomine et où l’activité économique pâtit le plus durement des mesures de confinement et autres restrictions de déplacement », note toujours la Banque.

tinmar 970

Une récession économique brutale

Toujours selon la même source, les mesures drastiques adoptées dans le but d’endiguer la propagation du virus et d’atténuer les pressions sur des systèmes sanitaires déjà sous tension et fragiles ont eu de très graves conséquences sur la croissance économique. Selon l’édition semestrielle des Perspectives économiques mondiales parue au mois de juin, « la Covid-19 a engendré une crise planétaire à nulle autre pareille ».

C’est une crise sanitaire au bilan « extrêmement lourd », aux conséquences économiques d’une ampleur sans précédent depuis la seconde guerre mondiale. « L’année 2020 sera ainsi marquée par une contraction de l’économie mondiale et des revenus par habitant, ce qui fera basculer des millions de personnes dans l’extrême pauvreté », explique la Banque.

 

Le fardeau de la dette

 

Concernant la dette, la Zambie est l’exemple type d’un pays vivant les conséquences désastreuses de cette pandémie. C’est devenu un tel fardeau pour le pays d’Afrique australe, que ce dernier n’est plus en mesure d’honorer ses engagements auprès des créanciers privés à qui il doit 3 milliards de dollars. Du coup, il s’est déclaré en défaut de paiement.

Et bien sûr, la Zambie n’est pas le seul pays durement touché, mais si pour le moment, c’est le seul cas extrême. Car, souligne la Banque mondiale, « cette récession réduit encore davantage la capacité des pays à faire face efficacement aux conséquences sanitaires et économiques de la pandémie ». Or, avant même la pandémie de Covid-19, près de la moitié des pays à faible revenu étaient déjà surendettés ou au bord du surendettement », rappellent les analystes de la Banque mondiale.

Evidemment, le moratoire de la dette en faveur d’une centaine de pays dans le monde a permis de soulager leurs budgets respectifs.

 

La chute des transferts des migrants

Enfin, pour ce qui est des transferts des migrants, l’heure est également à la baisse à quelques exceptions près, comme le Maroc ou l’Egypte. Ces envois financiers des diasporas devraient chuter de 14 % d’ici à la fin de l’année 2021, selon des prévisions légèrement meilleures que les estimations initiales, mais qui ne doivent pas occulter le fait qu’il s’agit là d’un recul historique.

Toutes les régions sont concernées, le repli étant particulièrement marqué en Europe et Asie centrale. Pour la première fois dans l’histoire récente, le nombre de migrants internationaux devrait baisser cette année, sous l’effet d’un ralentissement des nouveaux départs et d’une hausse des retours vers les pays d’origine.

Or ces envois de fonds sont une véritable planche de salut pour de nombreuses familles pauvres dans les pays en développement. Et leur déclin fait craindre aux experts un appauvrissement des ménages, une aggravation de l’insécurité alimentaire et un recul du recours à des services aussi essentiels que les soins de santé, faute de moyens.

Partager.

Répondre