Après des scènes de violences aux allures d’une guérilla urbaine en début juin à l’annonce de la condamnation de l’opposant Ousmane Sonko et qui ont laissé une vingtaine de manifestants sur le carreau, l’atmosphère sociopolitique s’alourdit davantage avec le refus de l’opposition à l’offre de dialogue proposée par le président Macky Sall.
En effet, prenant le contre-pied du dialogue national inclusif lancé le 31 mai par le président sénégalais, et dont les conclusions sont attendues le 25 juin, l’opposition réunie au sein de la plateforme F24, un regroupement de partis politiques et d’organisations de la société civile opposés à un troisième mandat de Macky Sall, a lancé, le mardi 20 juin, un contre dialogue appelé «dialogue du peuple.» Un espace de débats dont les deux thématiques retenues pour cette première phase, portent sur «le troisième mandat et la justice à deux vitesses.» Les conclusions sont attendues ce 23 juin. La deuxième phase de ce dialogue se tiendra au lendemain de la fête de Tabaski. Ce colloque était, du reste, prévu le 31 mai également mais il avait été interdit par l’autorité pour «non-respect des formalités administratives.» C’est dire que l’accalmie n’a été que de courte durée. Et tout semble indiquer qu’à huit mois de la présidentielle, les ponts sont définitivement coupés entre le pouvoir et la coalition F24 qui est vent debout non seulement contre un éventuel troisième mandat du chef de l’État, mais aussi lui reproche de manœuvres pour écarter son principal opposant Sonko de la course à la présidentielle à travers sa condamnation qui le rend de facto inéligible. Autant dire que le problème du Sénégal aujourd’hui, c’est Macky Sall qui, s’il n’y prend garde, risque de prendre un mauvais rendez-vous avec l’histoire. Déjà, sa responsabilité est engagée dans les troubles qui viennent de secouer son pays car, c’est l’éventualité de sa candidature à un mandat «indu», qui déchaîne les passions au pays de la Teranga.
Des messages codés aux allures de signaux indiens qui ne vont pas dans le sens de la paix
Toujours est-il qu’en rejetant la main tendue du chef de l’Etat pour ouvrir son propre espace de dialogue sur la question exclusive du troisième mandat, l’opposition réunie au sein de la plateforme du F24 montre que c’est une question sur laquelle elle ne compte pas transiger. Et cette façon de mettre les pieds dans le plat d’un sujet qui pourrit l’atmosphère sociopolitique au Sénégal depuis deux ans sur fond des déboires judiciaires du leader du PASTEF, est un message clair envoyé au natif de Fatick. C’est une initiative qui a d’autant plus l’avantage de chercher à crever l’abcès de cette volonté supposée ou réelle du président Macky Sall de prolonger son bail à la tête de l’Etat que la question du troisième mandat est un débat incontournable aujourd’hui au Sénégal. La question est maintenant de savoir jusqu’où mèneront ces deux dialogues et surtout ce que l’on peut en attendre. Tout le mal que l’on souhaite au Sénégal, c’est de parvenir à la décrispation nécessaire à la tenue d’élections apaisées. Mais en la matière, comment se nourrir d’optimisme quand les protagonistes semblent raidir, chacun de son côté, la nuque en se montrant incapables de s’asseoir autour d’une même table ? En tout cas, cette façon de s’envoyer des messages codés aux allures de signaux indiens, paraît tout, sauf le chemin indiqué pour fumer le calumet de la paix. En tous les cas, avec les conclusions de ces deux dialogues qui ne tarderont pas à tomber, le compte à rebours va bientôt commencer.





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