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Sénégal : Human Rights Watch estime vague la nouvelle loi sur le terrorisme  

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Les deux nouvelles lois récemment adoptées par le Parlement sénégalais pour renforcer la lutte contre le « terrorisme » ne passent pas auprès d’Human Rights Watch (HRW).

L’ONG internationale de défense des droits de l’homme estime en effet, dans un communiqué rendu public le 05 juin dernier, que ces lois «font peser un risque sur la protection des libertés fondamentales au Sénégal.» Qualifiant ces textes de «vagues», elle exprime ses craintes de voir  ces lois «utilisée pour criminaliser les activités politiques pacifiques et porter atteinte à la liberté d’association et de réunion».

Si l’ONG estime «légitimes» les «inquiétudes (…) au sujet de l’influence croissante des groupes armés islamistes au Sénégal», elle juge que les autorités sénégalaises devraient «s’assurer que ces lois ne sont pas instrumentalisées pour supprimer les droits fondamentaux» garantis par la constitution.

Le gouvernement devrait renvoyer les deux lois au Parlement pour amender les dispositions problématiques, alors que le Conseil constitutionnel sénégalais doit se prononcer sur un recours en annulation introduit fin juin par 21 députés d’opposition.

En s’attaquant notamment «à la piraterie maritime», au «financement du terrorisme» et au «blanchiment», la réforme du code pénal et du code de procédure pénale apporte une réponse aux risques d’extension au Sénégal des violences djihadistes qui ensanglantent depuis des années les pays du Sahel comme le Mali et le Burkina Faso, a justifié le gouvernement sénégalais.

Adoptés au Parlement le 25 juin par 70 voix contre 11, les deux textes doivent encore être promulgués par le Président Macky Sall avant d’entrer en vigueur, à une date qui n’a pas été précisée. D’aucuns n’hésitent pas à trouver un rapport, encore non évident, entre ces nouvelles lois et une éventuelle candidature de Macky Sall pour un troisième mandat.

Elu en 2012 et réélu en 2019, Macky Sall entretient le flou sur ses intentions pour la présidentielle de 2024, mais il sillonne le pays depuis des semaines dans ce qui ressemble fort bien à une tournée pré-électorale.

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