Les autorités des Émirats arabes unis ne peuvent plus cacher leur appui actif aux Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdan Dogolo. Si cet appui se murmurait dans les milieux diplomatiques, il vient d’être mis à jour avec la destruction hier 6 août d’un avion militaire des Émirats arabes unis convoyant des mercenaires colombiens au Darfour, une région en proie à des atrocités infligées par les FSR aux populations civiles
Selon une source militaire, l’appareil a été bombardé lors de son atterrissage à l’aéroport de Nyala, au Darfour, qu’Abou Dhabi est suspecté d’utiliser pour fournir des armes et des hommes aux paramilitaires des Forces de soutien rapide.
L’armée de l’air soudanaise a détruit un avion des Emirats arabes unis convoyant des mercenaires colombiens – dont au moins 40 ont été tués – à son atterrissage dans un aéroport contrôlé par les paramilitaires au Darfour (Ouest), a rapporté, mercredi 6 août, la télévision d’Etat.
L’appareil «a été bombardé et complètement détruit» lors de son atterrissage à l’aéroport de Nyala (Darfour du Sud), a déclaré à l’AFP une source militaire qui a requis l’anonymat. Cet aéroport a récemment été bombardé à plusieurs reprises par l’armée soudanaise, engagée depuis avril 2023 dans une guerre dévastatrice contre les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). En juin, trois témoins avaient rapporté qu’un avion-cargo y avait été bombardé peu après avoir atterri.
Ni l’armée soudanaise, dirigée par le général Abdel Fattah Al-Bourhane, ni les paramilitaires, commandés par son ancien adjoint, Mohammed Hamdan Daglo, ni les Emirats arabes unis n’ont réagi dans l’immédiat.
Ingérences étrangères
Comme d’autres conflits, celui du Soudan est exacerbé par les ingérences étrangères, souvent menées en sous-main. Dans ce contexte, l’armée accuse depuis longtemps les Emirats de fournir aux FSR des armes de pointe, notamment des drones, via l’aéroport de Nyala. Abou Dhabi a toujours nié toute implication malgré plusieurs rapports d’experts de l’ONU et d’organisations internationales. Des images satellites publiées par le Humanitarian Research Lab de l’université Yale, aux Etats-Unis, montrent plusieurs drones longue portée de fabrication chinoise stationnés à l’aéroport de la ville.
Lundi, le gouvernement soudanais, aligné sur l’armée, a accusé les Emirats de recruter et financer des mercenaires colombiens pour combattre aux côtés des paramilitaires, affirmant détenir des documents le prouvant. Des rapports faisant état, fin 2024, de la présence de combattants colombiens au Darfour, ont été confirmés par des experts de l’ONU.
Cette semaine, les Forces conjointes – une coalition pro-armée active au Darfour – ont rapporté la présence de plus de 80 mercenaires colombiens aux côtés des FSR à El-Fasher, dernière capitale du Darfour encore tenue par l’armée. Selon cette coalition, plusieurs de ces mercenaires auraient été tués. L’armée a également publié des séquences vidéo présentées comme montrant des « mercenaires étrangers supposés colombiens ». L’Agence France-Presse (AFP) n’a pas pu vérifier ces vidéos de manière indépendante.
Avec AFP

![Tribune | Géostratégie : l’Afrique et son dividende géopolitique, en tirer parti ou le gaspiller [Par Igor Galo] La concurrence entre la Chine et les États-Unis a ouvert une fenêtre d'opportunité pour de nombreux pays en développement. Sur l'échiquier mondial, où les superpuissances se disputent alliés, ressources et chaînes d'approvisionnement, la capacité à négocier des conditions plus favorables n'est plus l'apanage des grandes puissances. Le Japon, l'Inde et l'Union européenne jouent eux aussi leurs cartes pour renforcer leurs relations avec l'Afrique, intensifiant une compétition qui pourrait bénéficier à ceux qui, pendant des décennies, ont été cantonnés au rôle de simples fournisseurs de matières premières.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/11/Geopolitique--320x152.jpg)



Soudan![Tribune | Géostratégie : l’Afrique et son dividende géopolitique, en tirer parti ou le gaspiller [Par Igor Galo] La concurrence entre la Chine et les États-Unis a ouvert une fenêtre d'opportunité pour de nombreux pays en développement. Sur l'échiquier mondial, où les superpuissances se disputent alliés, ressources et chaînes d'approvisionnement, la capacité à négocier des conditions plus favorables n'est plus l'apanage des grandes puissances. Le Japon, l'Inde et l'Union européenne jouent eux aussi leurs cartes pour renforcer leurs relations avec l'Afrique, intensifiant une compétition qui pourrait bénéficier à ceux qui, pendant des décennies, ont été cantonnés au rôle de simples fournisseurs de matières premières.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/11/Geopolitique--450x214.jpg)
![Tribune | Fête de l’Unité : le 31 octobre, un nouveau marqueur de l’histoire nationale et diplomatique du Maroc [Par Benadada Rabii] RABAT – Le Maroc célèbre, ce 31 octobre 2026, la première édition de la Fête de l’Unité (Aïd Al Wahda), une nouvelle journée nationale instaurée par le Roi Mohammed VI et intégrée au calendrier des fêtes officielles du Royaume.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/11/Liesse-nationale--450x300.avif)

![Tribune | Sahara : la fin de la MINURSO referme le chapitre du référendum et ouvre celui de l’autonomie [Par Pr. EL Hassane Hzaine] La Charte de 1945 ne mentionne en effet jamais le « maintien de la paix ». Le chapitre VI organise le règlement pacifique des différends ; le chapitre VII autorise le Conseil de sécurité à prendre des mesures coercitives, y compris militaires. Entre les deux s'ouvre un espace que Dag Hammarskjöld, secrétaire général de 1953 à 1961, a qualifié de « chapitre VI et demi ».](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/11/Minurso-450x224.jpg)


