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Qui succédera au Rwandais Kaberuka ?

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. La course à la succession de Donald Kaberuka à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD) est ouverte

. Le deuxième et dernier mandat du Rwandais à la tête de l’institution financière panafricaine, prendra fin en mai 2015

. Les prétendants au poste se sont fait connaître. Ils sont six candidats : Ethiopien, Nigérian, Sierra-léonais, Tunisien, Tchadien et Malien, à vouloir succéder au 7ème président de la banque panafricaine

Siège de la BAD à Abidjan

Siège de la BAD à Abidjan

Abidjan, 12 août 2014. Donald Kaberuka arrive à l’aéroport international Félix-Houphouët-Boigny. Le président de la Banque africaine de développement (BAD) est accueilli par Albert Toikeusse Mabri, le ministre du Développement et du plan ivoirien accompagné de ses homologues des Affaires étrangères Charles Diby Koffi et des Infrastructures économiques Patrick Achi. L’arrivée du Rwandais marque la réinstallation définitive de la BAD à son siège statutaire, en Côte d’Ivoire.
La majorité des équipes de l’institution panafricaine (plus de 1 800 employés) devraient s’installer dans la capitale économique de la Côte d’Ivoire à partir de ce mois de septembre 2014. Ce retour à Abidjan, après une délocalisation de onze ans à Tunis, où la banque panafricaine s’était installée en 2003, en raison de l’insécurité et de l’instabilité politico-militaire en Côte d’Ivoire, verra la BAD prendre un nouveau tournant dans moins de neuf mois. En effet, le second mandat de cinq ans de Donald Kaberuka s’achève l’année prochaine et il devra passer la main lors des Assemblées annuelles de mai 2015. Qui succédera au 7ème président de la BAD ?

Les présidents de la BAD

De sa création à nos jours, la BAD a connu sept présidents :

  • 1964-1970 : Mamoun Beheiry (Soudan)
  • 1970-1976 : Abdelwahab Labidi (Tunisie)
  • 1976-1979 : Kwame Donkor Fordwor (Ghana)
  • 1979-1980 : Godwin Gondwe (Malawi) président par intérim
  • 1980-1985 : Willa Mung’Omba (Zambie)
  • 1985-1995 : Babacar N’diaye (Sénégal)
  • 1995-2005 : Omar Kabbaj (Maroc)
  • 2005-2015 : Donald Kaberuka
C’est bien avant la réinstallation du Rwandais dans ses « bureaux de l’immeuble de l’ex-Centre de commerce international d’Abidjan (CCIA) que la course à sa succession a été lancée. Les prétendants au poste se sont fait connaître. Il s’agit de Kordje Bedoumra, ministre tchadien des Finances, de Akinwumi Adesina, ministre nigérian de l’Agriculture et du développement rural, du Malien Birama Boubacar Sidibé, actuel vice-Président de la Banque islamique de développement (BID), de Jalloul Ayed, ancien ministre tunisien des Finances, de Samura Kamara, ministre sierra-léonais des Affaires étrangères et de la coopération et de Ato Sufian Ahmed, ministre éthiopien des Finances. Rappelons que Les candidatures à la présidence de la BAD sont présentées librement, par les pays membres régionaux (africains) intéressés et le président élu en session du Conseil des gouverneurs pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois. L’organe supérieur de décision du Groupe, le Conseil de gouverneurs est normalement composé de ministres relevant de la sphère économique : Finances, Economie et Plan ou de gouverneurs des Banques centrales des 78 pays membres de l’institution dont 53 régionaux (africains) et 25 non-régionaux (non-africains). Ils sont européens (France, Allemagne, Royaume-Uni, Suisse, Suède, Danemark, Italie, Belgique, Autriche, Espagne…), américains (Etats-Unis, Canada, Brésil…), arabes (Arabie Saoudite, Emirats arabes unis) et asiatiques (Chine, Corée, Inde…). Ces pays non-africains détiennent près de 40% du capital de l’établissement financier panafricain. Tout dépendra alors de la capacité de persuasion des pays (Ethiopie, Nigéria, Sierra Leone, Tunisie, Tchad et Mali) qui ont présenté des candidats auprès des Etats membres. Ce sont leurs représentants désignés en tant que gouverneurs de la Banque qui procéderont au vote de désignation du président en mai 2015 à Abidjan pour un mandat de cinq ans 2015- 2020. Reste à savoir si les considérations de rotation régionale seront-elles prises en compte, tout comme les compétences des candidats et leurs programmes ? Toujours est-il que si l’élection à la présidence de la BAD passe d’abord par une majorité simple et une majorité au sein du collège des Etats membres régionaux, il s’avère quasiment impossible de triompher sans le soutien des membres non-régionaux.

Donald Kaberuka, le président qui a placé la barre très haut

Daniel Kaberuka

Daniel Kaberuka

Donald Kaberuka (né le 5 octobre 1951), est un économiste rwandais et l`actuel président de la Banque africaine de développement. Il a été élu en 2005, devenant ainsi le 7ème président du Groupe de la Banque depuis sa création en 1963. Il remplit actuellement son second mandat, de cinq ans. Il a succédé au Marocain Omar Kabbaj qui présidait la Banque depuis 1995.
Réélu en mai 2010, il a prêté serment en septembre de la même année à Tunis, qui abrite l’agence temporaire de relocalisation. C’est de là que la Banque conduit ses opérations depuis 2003, année où ses services ont dû quitter Abidjan à cause de la situation sécuritaire qui prévalait en Côte d’Ivoire. Avant la BAD, Donald Kaberuka a eu à exercer des postes de choix dans la banque, le commerce international, le développement et la fonction publique. Il a également été ministre des Finances et de la planification économique de son pays de 1997 à 2005. Au cours de cette période, il a dirigé avec succès la reconstruction de l’économie du Rwanda qui venait de sortir d’une des guerres civiles les plus atroces. Il a engagé et mis en œuvre les grandes réformes économiques et introduit de nouveaux systèmes de gouvernance structurelle, monétaire et fiscale, en mettant un accent particulier sur l’indépendance de la Banque centrale du Rwanda. Ces réformes ont débouché sur la renaissance de l’économie rwandaise, résultat d’une croissance économique durable et non erratique. Cela a permis au pays d’obtenir, en avril 2005, l’annulation de sa dette au titre de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés.

Donald Kaberuka a piloté une réorientation importante de la stratégie de l’institution panafricaine en matière de développement et de réduction de la pauvreté en Afrique. A cette fin, la BAD a accentué le rôle du secteur privé et l’importance du développement des infrastructures dans des domaines tels que les routes, les chemins de fer, les centrales électriques et les communications, particulièrement dans leur fonction de promotion de l’intégration régionale en Afrique. Sous sa présidence, la BAD est devenue la première institution de financement du développement de l’Afrique. En 2009, en réponse à la crise économique mondiale, la Banque africaine de développement a atteint son chiffre record d’approbations de prêts et dons, pour un total de plus de 12,6 milliards de dollars US.

Pour rappel, la BAD a démarré ses activités en 1964 avec un capital initial de 387 millions de dollars US. A la fin de l’année 2013, le total de ses engagements depuis son lancement est estimé 110 milliards de dollars US. Fonds qui ont notamment permis d’accorder plus de 4000 prêts et subventions.

Donald Kaberuka est lauréat des universités tanzanienne écossaise. Il est titulaire d’un PhD en économie obtenu à l’Université de Glasgow.

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