Selon l’agence Togo First, l’Etat prévoit, au cours de cette année, de lancer une importante opération de titrisation concernant les biens immobiliers de deux grandes banques : l’Union togolaise de banque (UTB), toujours sous contrôle public mais en cours de privatisation, et la Banque togolaise pour le Commerce et l’Industrie (BTCI), rebaptisée IB Bank.
Ce plan, estimé à 66,9 milliards de francs CFA (111,7 millions de dollars), s’insère dans une stratégie dite «innovante» visant à «injecter de la liquidité dans le système bancaire tout en apportant de nouvelles ressources régulières et stables aux finances publiques pour les prochaines années.» Cependant, il représente un coût budgétaire qui devrait accroître le déficit budgétaire d’un point de pourcentage. Le déficit s’établit actuellement à 5,6% du PIB.
Techniquement, l’opération consiste à racheter les sièges et divers immeubles de ces deux banques avant de les convertir en titres financiers qui pourront être acquis par des investisseurs, peut-être d’autres banques de la place. Cette transformation d’actifs tangibles en instruments financiers liquides est une démarche peu commune dans le paysage financier togolais. Des entités telles qu’Orabank et la BOAD ont déjà utilisé la titrisation pour liquéfier une partie de leur bilan, en particulier par la vente de créances.
Selon les experts financiers, cette titrisation présente un double avantage. D’un côté, elle promet un bol d’air financier à l’UTB (en instance de privatisation) et à IB Bank ; des institutions en proie à des difficultés comme la faiblesse de liquidité et des fonds propres. Cette manne financière devrait leur permettre un redressement, espèrent les autorités togolaises. Un enjeu crucial dans un contexte économique et réglementaire exigeant où la BCEAO vient de rehausser le capital social minimum qui passe à 20 milliards FCFA.





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