A l’approche d’un scrutin présidentiel pour lequel sa candidature a été invalidée par le Conseil constitutionnel en raison de sa double nationalité franco-sénégalaise, Karim Wade est amer. Depuis Doha, où il vit en exil, le fils de l’ancien président Abdoulaye Wade veut exister coûte que coûte… même s’il s’agit d’attaques invérifiées et invérifiables contre l’ancien Premier ministre Amadou Ba, l’un des favoris du scrutin.
La question des allégeances de Karim Wade se pose depuis de nombreuses années. Citoyen français par sa mère, élevé dans l’Hexagone jusqu’à l’élection de son père à la présidence sénégalaise, Karim Wade est arrivé au Sénégal au début des années 2000 sans parler un mot de Wolof ni rien connaître du pays de la Teranga.
Il s’est alors efforcé de se faire un prénom face à la personnalité hors norme de son père, premier président de l’alternance et figure historique de la démocratie sénégalaise. Vingt ans plus tard, l’incompréhension entre Karim Wade et le Sénégal se poursuit. «L’héritier» a certes pris de la bouteille, mais il n’a jamais renoncé à sa citoyenneté française, contrairement à ce qu’il a déclaré.
Une loyauté problématique au Qatar de la part d’un aspirant à la tête du Sénégal
Or un candidat à l’élection présidentielle sénégalaise ne doit avoir pour seule et unique nationalité, celle du Sénégal. Mais les liens de Karim Wade avec la France ne sont pas le seul point de contention. Installé depuis plusieurs années à Doha, Karim Wade démontre une loyauté problématique à l’égard du Qatar pour une personnalité aspirant à exercer le pouvoir suprême au Sénégal.
Les liens de Karim Wade avec le Qatar sont anciens et profonds. Beaucoup de Sénégalais ont été choqués lors de sa déclaration de candidature lorsque ce dernier a pris le temps de remercier l’émir du Qatar pour son hospitalité… et a oublié de mentionner son père, vieil homme délaissé en fin de vie et figure historique du Sénégal.
Mais Karim Wade a des raisons de remercier l’émir du Qatar. Sans lui, et s’il souhaite réellement remettre un jour les pieds au Sénégal, il devrait rembourser l’équivalent d’environ 200 millions d’euros. De la menue monnaie au Qatar, mais une somme importante pour un pays comme le Sénégal.





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