Dans les travées de la Cour constitutionnelle, le procès de l’ancien Premier ministre et sénateur Augustin Matata Ponyo, ainsi que ses coaccusés dans le dossier Bukanga-Lonzo, attire l’attention d’une nation fatiguée. Fatiguée des scandales. Fatiguée des impunités. Fatiguée d’un système judiciaire qui semble parfois servir les puissants au lieu de protéger le bien commun

Fondateur & PDG, Easy Cargo Freight International
Entre exceptions de compétence, irrecevabilités juridiques, et immunité parlementaire, ce procès est perçu par beaucoup comme un épisode de plus dans une pièce bien rodée. Pendant ce temps, Bukanga-Lonzo, censé être un projet phare de développement agro-industriel, est devenu le symbole d’un rêve abandonné, un terrain vide où devaient pousser l’espoir et la souveraineté alimentaire du Congo.
En finir avec la justice à géométrie variable
Mais au-delà du cas Matata, une inquiétude plus profonde grandit dans le cœur du peuple : la justice est-elle équitable ?
Car comment expliquer que les proches du régime actuel, malgré les soupçons de détournement ou de mauvaise gestion, soient protégés ou blanchis, pendant que les acteurs de l’ancien régime sont poursuivis avec zèle ? La justice ne peut être crédible si elle devient sélective, si elle se mue en instrument politique au service d’un clan au pouvoir.
Ce que le peuple exige, c’est une justice unique, impartiale et indépendante. Une justice pour tous.
Une justice qui condamne les voleurs d’hier ET d’aujourd’hui ;
Une justice qui récupère les fonds volés, peu importe l’identité ou l’appartenance politique des coupables ;
Une justice qui restaure la confiance nationale en montrant que nul n’est au-dessus de la loi.
Le procès Bukanga-Lonzo doit être un tournant, pas une diversion. Un signal fort que le temps de l’impunité est terminé, que les promesses de l’État de droit seront tenues, même contre ses propres membres.
Car tant que la justice congolaise sera perçue comme à deux vitesses, elle ne pourra pas servir de fondation solide à une République réellement démocratique. Le peuple attend des condamnations, des réparations, et surtout, une justice sans faveur ni peur.
Willy Lukanga
Fondateur & CEO, Easy Cargo Freight International




![Tribune |Procès Matata Ponyo : Le Peuple Attend la Vérité et la Reddition des Comptes [Par Willy Lukanga*] Entre exceptions de compétence, irrecevabilités juridiques, et immunité parlementaire, ce procès est perçu par beaucoup comme un épisode de plus dans une pièce bien rodée. Pendant ce temps, Bukanga-Lonzo, censé être un projet phare de développement agro-industriel, est devenu le symbole d’un rêve abandonné, un terrain vide où devaient pousser l’espoir et la souveraineté alimentaire du Congo.](https://afrimag.net/wp-content/smush-webp/2025/04/Lex-Premier-ministre-de-Joseph-Kabila-et-ancien-ministre-des-Finances-Matata-Ponyo-Mapon.jpg.webp)
République démocratique du Congo




![Édito | La corruption une maladie du transport aérien [Par Jean-Louis Baroux] J’ai relevé quelques exemples parmi les faits jugés et publiés, qui d’ailleurs ne correspondent qu’à une toute petite minorité des délits de corruption dont la plupart resteront impunis. Voilà le cas de l’ancien président de Sri Lankan Airlines, Kapila Chandrasena, condamné à la prison pour avoir sollicité de la part du constructeur 16 millions de dollars en échange de l’achat de 6 A330 et de 4 A350 dont la valeur totale est de 2,5 milliards de dollars. Il n’a finalement reçu que 1,45 millions de dollars et il s’est fait pincer.](https://afrimag.net/wp-content/smush-webp/2026/04/Avion-450x232.jpg.webp)
