Maroc - Côte d'Ivoire
Salaheddine Mezouar, le ministre marocain des Affaires étrangères estime que l’on ne peut pas réduire la diplomatie Sud-Sud aux seules affaires économiques. Les pays africains doivent néanmoins penser de plus en plus au Co-développement.
Ce n’est pas (que) de la diplomatie business
AFRIMAG : Quelles sont les attentes de cette rencontre moroco-ivoirienne ?
Salaheddine Mezouar : Nous pays du Sud, devons enfin saisir notre destin en main et travailler à l’émergence d’économies fortes dans le continent africain. La Côte d’Ivoire connait une forte croissance entre 9 et 10% par an, ces dernières années. C’est un pays qui représente plus des deux tiers de la création de valeur dans l’espace UEMOA. Par conséquent, la volonté des entreprises marocaines, sous l’impulsion de sa SM le roi Mohammed VI, d’investir en Afrique ne peut se concrétiser que par le renforcement de nos relations bilatérales avec Yamoussoukro. La visite du chef d’État ivoirien dans le royaume constitue une nouvelle opportunité pour aller de l’avant dans le renforcement des relations économiques et solidaires au service des intérêts des deux pays et leurs peuples.
En d’autres termes, est-ce qu’on peut dire qu’il s’agit de diplomatie Business ?
De diplomatie business ?… Je n’emploierai pas ce terme pour réduire nos relations avec nos frères du continent uniquement au monde des affaires. Nous avons une histoire commune très riche et un destin à bâtir ensemble. Mais oui, cela passe également par le développement de nos échanges commerciaux, la mise en place de co-entreprises et de champions nationaux capables d’influencer favorablement notre diplomatie. Le discours de sa majesté à Abidjan en février 2014 a posé les bases pour un renforcement de nos relations et une nouvelle vision qui met le développement du continent au cœur de nos préoccupations.
Par ailleurs, une commission stratégique sera mise en place pour donner une impulsion aux relations économiques entre le Maroc et la Côte d’Ivoire, en vue d’accompagner la dynamique que connaissent les relations entre les deux pays dans les différents domaines. On procédera également à la signature de plusieurs accords de coopération, à l’actualisation du cadre juridique et à l’élargissement de la coopération entre les secteurs privés dans les deux pays et aussi entre les secteurs public et privé.
Même si la question des affaires domine, quels sont les autres points abordés dans le cadre de cette visite du président Ouattara ?
Cette visite officielle dans le royaume du président de la République de Côte d’Ivoire, S.E. Alassane Dramane Ouattara, constitue une occasion pour procéder à un échange de vues sur nombre de questions d’intérêt commun et prendre des initiatives visant le renforcement de la stabilité dans la région. Elle sera aussi l’occasion de se pencher sur des questions d’intérêt commun, notamment celles liées au terrorisme, la situation au Mali, dans la région sahélo-saharienne et en République centrafricaine. Je rappellerai que les deux dernières visites que S.M. le roi Mohammed VI a effectuées en Côte d’Ivoire et le discours historique que le Souverain a prononcé dans ce pays, ont été couronnées par la signature de plusieurs conventions de coopération et de partenariats ayant eu des retombées positives sur les deux pays et l’ensemble de la région.





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