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Visite du président mauritanien en Algérie : la coopération économique reste dans le vague

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La visite d’État de trois jours (du 27 au 29 décembre 2021) du président mauritanien à Alger s’est achevée sans résultats probants. Des déclarations d’intention que ne cachent pas les agences de presse des deux pays qui ne mentionnent aucune donnée économique d’importance sur cette visite d’Etat.

En effet, la construction de la route Tindouf-Zouerate, attendue depuis l’indépendance de la Mauritanie, n’est pas pour demain. L’Algérie se contente de se féliciter de «l’ouverture d’un poste frontalier» que les camionneurs hésitent à traverser pour parcourir pendant plusieurs  jours une route non bitumée et proposer quelques marchandises (machines outils et produits alimentaires) aux habitants de la capitale mauritanienne ! Rien à voir en réalité avec l’axe Rabat-Nouakchott parcouru quotidiennement par des dizaines, voire des centaines de camions à destination de la Mauritanie et des pays de l’Afrique subsaharienne.

Cette visite n’aura donc pas tenu toutes ses promesses pour plusieurs raisons.

Faisant face à des difficultés intérieures à la fois politiques et sociales, l’Algérie ne peut prendre des engagements forts faisant miroiter Nouakchott une coopération économique aussi dynamique que celle que le Maroc entretient avec la Mauritanie, qui arrive en troisième position en termes d’échanges parmi les pays africains. En 2019, Djibouti et le Sénégal sont les premiers clients du Royaume dans le continent africain avec une valeur de 2,1millards de dirhams, chacun, suivis par la Mauritanie (1,9  milliard de dirhams), la Côte d’Ivoire (1,8 milliard) et l’Algérie (1,5 milliard).  

L’Algérie qui cherche à rattraper son retard sur le Maroc qui a misé très tôt sur une politique d’intégration économique avec plusieurs pays africains, lance une «timide offensive» vers la Mauritanie par le convoyage de produits agroalimentaires et de produits industriels comme les matières plastiques, le ciment, les produits d’emballage et les produits d’hygiène. Alger mise sur la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) pour voir ses échanges commerciaux avec la Mauritanie poursuivre une tendance haussière. Le bitumage de l’axe routier Tindouf-Zouerate n’a encore de réalité que  le mémorandum d’entente signé entre la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC) et l’Union nationale du patronat mauritanien (UNPM), dans le cadre de la visite de trois jours du président Mohammed Ould Ghazouani en Algérie.

En multipliant les accords, Nouakchott et Alger disent chercher la consolidation de leur coopération pour en faire un «partenariat stratégique». Pour le moment, les actes posés – avant et pendant cette visite du président mauritanien – ne vont pas plus loin que le protocole signé par les deux confédérations patronales stipulant la création d’un conseil d’affaires algéro-mauritanien, dans le but de promouvoir les liens entre les investisseurs des deux pays et l’instauration, en avril dernier, d’un comité bilatéral frontalier, créé afin de «renforcer les investissements et les échanges commerciaux entre Alger et Nouakchott». Mais ce sont sans doute les propos du président algérien Abdelmadjid Tebboune, lors de la conférence de presse commune sanctionnant cette visite, qui décrivent la vraie «nature» de ces relations :  « outre les relations privilégiées entre nos deux peuples», la visite du président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani a « permis d’échanger les vues sur les différentes questions qui intéressent nos deux pays ainsi que l’ensemble des questions régionales et internationales d’intérêt commun, particulièrement la situation en Libye et dans la région du Sahel. » En langage diplomatique, cela veut dire que les questions économiques doivent encore attendre.

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