Le Global Risks Report 2026 du World Economic Forum (WEF) à la veille de l’ouverture du forum, fait apparaître la confrontation géoéconomique comme le principal risque de l’année, suivie par les conflits entre Etats, les évènements climatiques extrêmes, la polarisation sociétale, la désinformation et la mésinformation.
Les perspectives des dirigeants et des experts sont très préoccupantes. La moitié des personnes interrogées s’attendent à un monde turbulent ou orageux au cours des deux prochaines années, soit une hausse de 14 points de pourcentage par rapport à 2025. Par ailleurs, 40 % des dirigeants anticipent au minimum une instabilité, tandis que 9 % anticipent leur stabilité, et 1 % seulement anticipe une accalmie. Quant aux perspectives sur les dix prochaines années, 57 % des dirigeants anticipent un monde turbulent ou orageux, 32 % une instabilité, 10 % la stabilité et 1 % une accalmie.
Un nouvel ordre concurrentiel se met en place, les grandes puissances cherchant à sécuriser leurs sphères d’intérêt. « Ce paysage en mutation, où la coopération prend des formes très différentes de celles d’hier, reflète une réalité pragmatique : les approches collaboratives et l’esprit de dialogue restent essentiels, » affirme Børge Brende, PDG du World Econimic Forum (WEF). « Notre réunion annuelle à Davos constitue une plateforme essentielle pour comprendre les risques et les opportunités, et pour bâtir les ponts nécessaires afin d’y répondre », ajoute-t-elle.
Le Global Risks Report brosse un système d’alerte précoce, à l’heure où la concurrence aggrave les risques mondiaux, de la confrontation géoéconomique aux technologies incontrôlées, en passant par l’augmentation de la dette, et modifie notre capacité collective à y faire face. Mais aucun de ces risques n’est une fatalité, » affirme Saadia Zahidi, directrice générale du World Economic Forum
Les trois horizons de risques
Le rapport analyse les risques à trois horizons : immédiat (2026), à court et moyen terme (sur les deux prochaines années) et à long terme (sur les dix prochaines années). Dans l’immédiat, les conflits armés, la militarisation des outils économiques et la fragmentation de la société se télescopent. Alors que ces risques à court terme s’intensifient, les défis à plus long terme, de l’accélération technologique à la dégradation de l’environnement.
La confrontation géoéconomique arrive en tête du classement à court terme, selon 18 % des personnes interrogées la considérant comme le risque le plus susceptible de déclencher une crise mondiale cette année. Il arrive au premier rang en matière de gravité sur les deux prochaines années, soit une progression de huit places par rapport à 2025. Les conflits armés entre États suivent en deuxième position pour 2026, et en cinquième position sur les deux prochaines années.
Dans un monde de rivalités croissantes et de conflits prolongés, la confrontation menace les chaînes d’approvisionnement et, plus largement, la stabilité économique mondiale, ainsi que la capacité de coopération nécessaire pour faire face aux chocs économiques. En ce qui concerne les perspectives géopolitiques, 68 % des personnes interrogées anticipent un « ordre multipolaire ou fragmenté » sur les dix prochaines années, soit quatre points de plus que l’année passée.
La plus forte inquiétude sur les risques économiques
Les risques économiques affichent la plus forte augmentation collective dans les perspectives biennales. Les risques de récession économique et d’inflation ont tous deux gagné huit places, se plaçant respectivement à la onzième et vingt et unième position, tandis que le risque d’éclatement d’une bulle spéculative a progressé de sept places pour atteindre la dix-huitième position. Les inquiétudes croissantes concernant la dette et les bulles spéculatives potentielles, dans un contexte de tensions géoéconomiques, pourraient déclencher une nouvelle phase de volatilité.
La mésinformation et la désinformation occupent la deuxième place dans les perspectives biennales, tandis que l’insécurité cybernétique occupe la sixième place. Les conséquences négatives de l’IA affichent la trajectoire la plus marquée, passant de la trentième place dans les perspectives biennales à la cinquième place à long terme (dix ans) reflétant l’inquiétude quant aux implications pour les marchés du travail, les sociétés et la sécurité. La polarisation sociétale se classe quatrième en 2026 et troisième d’ici 2028.
Les inégalités arrivent en septième position dans les perspectives à deux et dix ans. Pour la deuxième année consécutive, les inégalités ont également été désignées comme le risque le plus interconnecté, alimentant d’autres risques à mesure de l’affaiblissement de la mobilité sociale. Le ralentissement économique est le deuxième risque le plus interconnecté. Ces interconnexions sont sous-tendues par des inquiétudes concernant les pressions liées au coût de la vie et l’enracinement des économies dites en K. Les préoccupations à court terme ayant pris le pas sur les objectifs à long terme, les risques environnementaux ont perdu de leur importance dans les perspectives biennales. Les évènements climatiques extrêmes sont passés de la deuxième à la quatrième place, la pollution de la sixième à la neuvième place, tandis que les changements critiques des systèmes terrestres et la perte de biodiversité ont perdu respectivement sept et cinq places.





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