Bien des observateurs s’attendaient à voir Xi Jinping, le numéro 1 chinois sortir encore renforcé du XXe Congrès du Parti communiste chinois (PCC) qui s’est achevé samedi dernier.
L’homme fort de Pékin est allé au-delà même de leurs attentes, s’assurant une mainmise sans précédent sur les instances du parti. Il faut remonter à Mao pour retrouver un homme aussi fort à la tête de l’Etat. Sans surprise, Xi Jinping, 69 ans, a été reconduit pour cinq ans secrétaire général du Parti et président de la Commission militaire centrale, avant d’être confirmé à la présidence du pays en mars prochain. Le chef du Parti communiste de Shanghai, Li Qiang, a suivi Xi Jinping sur la scène du Palais du peuple lors de la présentation du nouveau comité permanent du bureau politique du PCC, le sommet du pouvoir en Chine. Ce nouveau numéro 2 est appelé à succéder à Li Keqiang au poste de Premier ministre, que ce dernier doit quitter au mois de mars.
Si sa gestion chaotique du confinement de Shanghai au printemps dernier avait suscité beaucoup d’interrogations sur son avenir politique, il est aujourd’hui largement récompensé pour sa loyauté absolue à Xi Jinping. Cinq autres membres composent le nouveau cénacle : Zhao Leji, Wang Huning, Cai Qi, Ding Xuexiang et Li Xi.
Avec quatre nouveaux entrants, le Comité permanent du Politburo est désormais entièrement constitué des fidèles de Xi Jinping. Le numéro un chinois a réussi à expulser tous ses rivaux (potentiels et réels) et à placer des responsables qui entretiennent tous des liens de longue date, remontant parfois à des décennies, ou qui ont vigoureusement mené à bien son programme et promu son idéologie. « Le nouveau Politburo est une déclaration catégorique de la domination de Xi sur le Parti », a estimé Richard McGregor, chercheur principal pour l’Asie de l’Est au Lowy Institute et « une victoire totale pour Xi Jinping avec un contrôle absolu sur le comité permanent du Politburo »
La présidence à vie en ligne de mire
C’est le signe qu’il se prépare à régner au-delà de ce troisième mandat. » Pour se maintenir au pouvoir, Xi Jinping avait fait supprimer de la Constitution la limite de deux mandats, pouvant potentiellement s’offrir une présidence à vie. « Le rôle central du camarade Xi Jinping » En prolongeant son règne sans faire émerger aucun successeur apparent, Xi Jinping anéantit les efforts déployés par le Parti après la mort de Mao Zedong pour assurer une succession régulière à la direction, renforcer la collégialité et bannir tout culte de la personnalité.
En position de force au sein du Parti, Xi Jinping fait face à de nombreux défis à l’heure de son troisième mandat, avec une économie chinoise en fort ralentissement et une rivalité exacerbée avec les Etats-Unis.










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