La Zone de libre-échange continentale africaine est entrée en vigueur depuis le 1er janvier 2021. Selon les estimations de la Banque mondiale, son application effective permettra aux pays du continent de réaliser un gain additionnel de revenu de 9%, soit 570 milliards de dollars et de sortir 50 millions de personnes de la pauvreté d’ici 2035.
Quel bilan peut-on faire un an après le lancement de cet accord commercial continental ? Comment les entreprises africaines peuvent-elles intégrer la Zlecaf dans leur stratégie de croissance ?
Un démarrage poussif mais résolu
La Zlecaf fut lancée alors que le continent subissait encore les affres de la crise économique liée au Covid-19.

À peine la reprise économique relancée, la guerre russo-ukrainienne sonna comme un rappel aux Africains du degré de vulnérabilité du continent aux chocs extérieurs. En effet, même si la Zlecaf a su relever le défis de fédérer les 54 pays du continent dont 43 ayant effectivement ratifié l’accord de libre-échange continental, l’Afrique reste encore la zone économique qui commerce le moins avec elle-même. Les échanges intra-africains s’estiment à 15% environ. Quant au continent dans son ensemble, il ne représente que 3% des échanges commerciaux sur le plan international, rappelle Mounia Kadiri, Directrice du club Afrique Développement du groupe Attijariwafa bank. Cependant, l’Afrique a bien des avantages comparatifs sur lesquels compte jouer la Zlecaf.

La Zlecaf vise à développer les secteurs générateurs de croissance dans le moyen terme. «L’un des objectifs prioritaires de la Zlecaf est de restructurer les économies des pays en insistant sur la transformation des matières premières dans les pays producteurs. Par ailleurs, l’accord dans son vœu de réduire les barrières entre pays africains prévoit la libéralisation des services financiers et de télécommunications ainsi que le développement des secteurs connexes à l’industrialisation tels que le transport et logistique», précise Cynthia Gnassingbé-Essonam, Conseiller supérieur en charge du secteur privé à la Zlecaf.
Tracer l’origine des produits manufacturés
Consciente que les échanges commerciaux intra-africains ne pourraient atteindre les niveaux souhaités sans une réelle implication du secteur privé, la Zlecaf publiera dans les tout prochains mois une grille tarifaire des biens de consommation les plus courants sur le continent. Cela permettra une harmonisation des prix de ces produits mais aussi de pouvoir tracer l’origine des produits manufacturés. Cette initiative va dans le sens de la levée effective des barrières tarifaires que vise la Zlecaf. Mais au-delà de la levée des barrières tarifaires, il est tout aussi important de permettre la circulation des personnes sans contrainte.

Un secteur comme celui du tourisme a affiché une résilience inattendue lors de la crise. Très tôt, les grands groupes hôteliers comme Azalaï ont flairé les opportunités qu’offrait le tourisme local alors que les frontières étaient fermées. Cette prise de conscience a enseigné aux entreprises du secteur l’urgence de développer le tourisme intra-africain. Seulement, les barrières liées à l’obtention de visas restent un frein au développement de telles niches : «Un visa Shenghen me permet de circuler dans 27 pays européens. En tant que ressortissant d’un pays de la CEDEAO, je ne jouis d’une telle liberté que dans une quinzaine de pays africains», déplore, Moussadeck Bally, PDG du groupe Azalaï.

Enfin, le financement des entreprises privées constitue une autre entrave aux ambitions affichées par la Zlecaf. Les acteurs du secteur bancaire œuvrent à la mise en place de produits taillés sur mesure au profit des entreprises selon leur secteur d’activité et leur taille. Le groupe bancaire marocain Attijariwafa bank a récemment lancé un plan stratégique nommé : «Ambitions 2025». Il vise à renforcer tant la présence que les mécanismes de financement du groupe bancaire à travers le continent : «Nous avons mis en place un éventail d’offres taillées sur mesure[…]. Au-delà du financement, nous accompagnons les entreprises dans leur croissance à travers des services non-financiers tels que le conseil et la formation», précise Daouda Coulibaly, directeur région Afrique de l’Ouest du groupe bancaire marocain Attijariwafa bank.





Maroc





