Pluies torrentielles, inondations et vents violents frappent de plein fouet l’Afrique du Sud et ses voisins. Face à un lourd bilan humain et matériel, Pretoria a déclaré l’état de catastrophe naturelle, tandis que le Mozambique et le Zimbabwe subissent eux aussi les effets d’une saison des pluies d’une intensité exceptionnelle, sur fond de dérèglement climatique.
Le dimanche 18 janvier, l’Afrique du Sud a officiellement déclaré l’état de catastrophe naturelle. Selon un communiqué du ministère de la Gouvernance coopérative et des Affaires traditionnelles (CoGTA), cette décision a été prise par Elias Sithole, Directeur du Centre national de gestion des catastrophes (NDMC), à l’issue «d’une évaluation approfondie des conditions météorologiques défavorables observées depuis la fin du mois de novembre 2025.»
Le pays le plus industrialisé du continent est confronté depuis plusieurs semaines à une succession d’événements climatiques extrêmes, marqués par de fortes précipitations, des vents violents, des orages et des inondations.
Les provinces du Limpopo, du Mpumalanga, du KwaZulu-Natal, du Cap-Oriental et du Nord-Ouest figurent parmi les zones les plus affectées. Les autorités font état de pertes en vies humaines, de lourds dégâts aux infrastructures et aux biens, d’une dégradation de l’environnement, ainsi que du déplacement de nombreuses communautés.
Les intempéries ont également perturbé la scolarité et les activités agricoles, tout en entraînant la fermeture temporaire de certaines zones du parc national Kruger. Le Mpumalanga a payé le plus lourd tribut avec 20 décès et plus de 1 300 habitations, routes et infrastructures publiques endommagées. Dans le Limpopo, le bilan humain s’élève à 18 morts.
L’État central prend la main sur la gestion de crise
À la suite de la classification de catastrophe nationale, l’Exécutif sud-africain a activé les mécanismes prévus par la loi sur la gestion des catastrophes. «Conformément à l’article 26, en lien avec l’article 23, l’Exécutif national assume la responsabilité principale de la coordination et de la gestion de la catastrophe,» précise le communiqué du CoGTA.
Tous les organes de l’État, aux trois niveaux de gouvernement, sont désormais appelés à renforcer leur appui aux structures de gestion des catastrophes, à mettre en œuvre des mesures de contingence, à transmettre des rapports d’avancement au NDMC et à garantir une réponse coordonnée et multisectorielle, allant de la prévention à la réhabilitation.
Le Mozambique et le Zimbabwe également frappés
L’Afrique du Sud n’est pas un cas isolé. Depuis plusieurs semaines, le Mozambique et le Zimbabwe font face à des précipitations d’une rare intensité. Au Mozambique, l’Institut pour la gestion des catastrophes et la réduction des risques a indiqué que 103 personnes ont perdu la vie depuis la fin de l’année dernière.
Au Zimbabwe, l’Agence nationale de gestion des catastrophes rapporte un bilan d’au moins 70 morts depuis le début de l’année, ainsi que la destruction de plus de 1 000 habitations. Ces épisodes soulignent la fragilité de la région face aux chocs climatiques de plus en plus fréquents et violents.
Une région en première ligne du changement climatique
L’Afrique australe est particulièrement exposée aux effets du réchauffement périodique du Pacifique, connu sous le nom d’oscillation australe El Niño (ENSO), ainsi qu’à sa phase froide, La Niña. En juillet 2023, le retour du phénomène El Niño avait déjà affecté plus de 20 millions de personnes au Zimbabwe, en Zambie et au Malawi.
Selon un rapport de la FAO publié en novembre 2025, la région a perdu 7,6 % de son PIB agricole entre 1991 et 2023 en raison des catastrophes naturelles et des aléas climatiques. Une tendance lourde qui renforce l’urgence d’investir dans l’adaptation climatique et la résilience des économies et des populations d’Afrique australe.





Afrique du Sud
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