La plus haute juridiction d’Afrique du Sud a déclaré ce lundi 21 mai, l’ex-président Jacob Zuma inéligible en raison d’une condamnation à la prison en 2021
Les juges ont prononcé son exclusion des élections prévues le 29 mai, qui pourraient marquer un recul historique de l’ANC au pouvoir depuis la chute de l’apartheid au début des années 1990. «M. Zuma a été reconnu coupable d’une infraction et condamné à une peine d’emprisonnement de plus de 12 mois ; Il ne peut, par conséquent, être élu membre de l’Assemblée nationale et ne peut se présenter aux élections», a tranché la Cour constitutionnelle sud-africaine.
L’ANC en perte de vitesse
Plus de 27,5 millions de citoyens sud-africains sont appelés ainsi à élire leurs députés, qui désigneront ensuite le prochain président. L’ANC, au pouvoir depuis la fin de l’apartheid, risque pour la première fois de perdre sa majorité absolue au Parlement et d’être contraint à former une coalition gouvernementale pour pouvoir diriger le pays.
Les sondages attribuent plus de 8% des intentions de vote au nouveau petit parti d’opposition mené par Jacob Zuma, l’ANC tombant aux alentours des 40% et le premier parti d’opposition (Alliance démocratique) dépassant les 20%.
Zuma, 82 ans, qui n’était pas présent à la Cour, était candidat à un siège de député, tête de liste du mouvement Umkhonto We Sizwe (MK, «Lance de la nation» en zoulou).
Mais condamné en 2021 à quinze mois de prison pour outrage à la justice après avoir refusé à plusieurs reprises de se présenter devant une commission d’enquête sur la corruption d’Etat pendant ses neuf années au pouvoir (2009-2018), son éligibilité était contestée et le débat autour de sa participation a monopolisé la campagne, nourrissant des craintes de possibles troubles.
L’incarcération de l’ancien président en juillet 2021 avait été suivie d’une vague de violences sans précédent dans le pays depuis la fin de l’apartheid, faisant plus de 350 morts. Des membres de son petit parti (MK) ont promis «l’anarchie» si leur leader était empêché de se présenter aux élections.
Le président Cyril Ramaphosa s’est toutefois dit lundi «pas impressionné par les incitations à la violence», affirmant que les forces de sécurité sont prêtes à faire face à toute éventualité.





Afrique du Sud





