Pour avoir trop longtemps tergiversé, la France encaisse humiliation sur humiliation en Afrique, et le coup d’État au Niger vient de lui en infliger une de plus, écrit l’hebdomadaire français Le Point dans un éditorial, mis en ligne mardi.
Le coup d’État dont a été victime le président du Niger, le 27 juillet, plante le dernier clou dans le cercueil de la politique macronienne au sud du Sahara, souligne l’éditorial, sous le titre « Emmanuel Macron dans l’impasse au Sahel ».
D’après la publication, »l’Élysée est pris à contre-pied, car après le retrait de l’armée française du Mali, achevé il y a tout juste un an, et l’évacuation des forces spéciales du Burkina Faso, il y a six mois, la base de l’armée de l’air française sur l’aéroport de Niamey est devenue le dernier point d’appui du dispositif antiterroriste français dans la région ».
À l’inverse de ce que fit le général De Gaulle, ni François Hollande, qui lança l’intervention au Sahel, ni son successeur Emmanuel Macron, chef suprême des armées depuis six ans, n’ont eu le courage d’ordonner une évacuation complète, alors même que “l’échec politico-militaire de la France devenait chaque année un peu plus évident”, note-t-on.
Car, poursuit l’éditorialiste, »ce que reprochent les populations locales à Paris, c’est surtout de n’avoir pas réussi, malgré quelques succès tactiques, à mettre fin à l’insurrection islamiste ».
Et d’ajouter que les autorités françaises »se sont enfermées dans l’erreur pour trois raisons : Elles se sont laissé aveugler par l’ambition d’obtenir, grâce à l’armée, des succès autrement plus faciles contre les djihadistes que de faire pièce à l’influence islamiste dans les banlieues de l’Hexagone. Elles se sont bercées de l’idée qu’un rôle militaire majeur en Afrique accroîtrait le poids diplomatique de la France en Europe et dans le monde. Et elles ont cru que les interventions militaires feraient baisser la pression migratoire à moyen terme – alors que les exemples de l’Irak ou de la Libye font plutôt la démonstration inverse ».
Aux yeux de l’éditorialiste, les atermoiements de Paris depuis dix ans laissent désormais la France avec des options aussi humiliantes les unes que les autres au Sahel.
»Tendre la main aux nouvelles autorités putschistes est proprement impensable ; poursuivre l’intervention militaire, ce serait préparer le terrain à de nouveaux échecs ; ordonner le retrait complet, ce serait avouer sa défaite. La ‘victoire complète’ dont rêvait Emmanuel Macron en 2018 n’est plus qu’une cruelle illusion », conclut-on.





Niger


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