Le sujet revient régulièrement dans l’actualité dès qu’une nouvelle faillite est prononcée à l’encontre d’une compagnie aérienne.C’est cette fois-ci le cas d’Air Belgium qui va laisser 11000 clients sans solution sauf à acheter un billet sur un autre transporteur. Et même depuis 2023, année faste s’il en fut dans le transport aérien, plusieurs dizaines de compagnies aériennes ont dû cesser leur activité

Fondateur du réseau APG
Président de l’APG World Connect
Ce secteur d’activité est par essence très fragile et cette faiblesse n’épargne personne y compris les très grands transporteurs. Faut-il rappeler que les 3 plus grands groupes américains et donc mondiaux : Delta Air Lines, United Airlines et American Airlines sont passés eux aussi par la voie du Chapter 11 qui leur a permis de se redresser au prix de colossaux efforts et du licenciement de dizaines de milliers de salariés. SAS et Avianca pour n’en citer que deux n’ont dû leur salut qu’à l’utilisation de ce même moyen.
Les garanties de la puissante association de compagnies aériennes, IATA
Il est clair que chaque société doit s’assumer et que la sanction d’une gestion défaillante ou même de circonstances extérieures a pour conséquence sa disparition. C’est la règle du jeu économique et tout dirigeant est bien conscient de ce risque. Dans cette fâcheuse hypothèse, les créanciers ont peu de chances de recouvrer leur argent et les actionnaires perdent tout. C’est une des conséquences de notre système capitaliste dont on n’a pas encore trouvé comment le remplacer.
Seulement le transport aérien a une spécificité supplémentaire, sa relation avec ses clients et ses distributeurs. ll est organisé sur un concept mondial avec à sa tête une très puissante association de compagnies aériennes, IATA, laquelle détient le droit de choisir ses distributeurs : les agents de voyages. Or pour être accepté dans cet ensemble et avoir le droit de vendre les billets des compagnies, les agents de voyages doivent fournir des garanties bancaires pour assurer auprès des transporteurs, via IATA, le règlement des sommes qu’ils détiennent au nom des compagnies. Nul doute que cette procédure très contraignante a sensiblement amélioré la fiabilité économique de ce réseau lequel est tout de même indispensable au transport aérien. Faut-il rappeler que 70% des ventes se font encore au travers des intermédiaires qu’ils soient agents de voyages physiques ou virtuels avec l’utilisation massive des possibilités d’Internet.
Protéger l’avance de fonds des clients !
Seulement si les fonds destinés aux opérateurs sont bien protégés, il n’en est pas de même de la part de ces derniers vis-à-vis de leurs engagements envers leurs clients. Ces derniers achètent le droit d’utiliser leurs services or ils ne bénéficient d’aucune protection en cas de défaillance de la compagnie qu’ils auront choisie. Or depuis le milieu des années 1990, les transporteurs ont entamé une farouche guerre pour afficher les tarifs les plus bas avec un mécanisme simple : plus on achète tôt, et plus les tarifs sont compétitifs. Ainsi les clients sont amenés à assurer la trésorerie des compagnies aériennes sans laquelle les transporteurs ne pourraient pas vivre. Sauf que, ce qu’il faut bien appeler une avance de fonds, n’est pas protégée par les transporteurs qui, fort justement d’ailleurs, réclament qu’elle le soit de la part de leurs distributeurs. Ainsi le risque de défaillance s’accroit avec les achats effectués souvent 6 mois avant leur exécution.
Alors qu’arrive-t-il lorsque qu’une compagnie est défaillante ? C’est très simple, le client perd tout. Or les plus touchés sont souvent les plus fragiles, ceux qui économisent toute une année pour se payer leur voyage annuel, souvent pour rejoindre une famille dont ils sont séparés la plupart de leur temps. La solidarité des compagnies membres de IATA devrait alors s’exercer. Il n’est rien. Au mieux les transporteurs concurrents acceptent d’ouvrir des classes tarifaires peu chères dans le cas ou ils ont suffisamment de disponibilités de sièges.
Comment obliger les compagnies aériennes à créer un fonds de solidarité pour compenser les défaillances dans leur profession ? La réponse de IATA est constante : «Nous sommes une association et nous dépendons des décisions de nos membres, or ces derniers ne veulent pas entendre parler d’une telle solution.» Alors il ne reste plus qu’une issue : que les décisions soient prises au niveau politique, en clair par la Commission européenne et la FAA américaine. Après tout ces mêmes organismes imposent bien leurs règles écologiques, pourquoi ne se préoccupent-ils pas de la protection des passagers ?
Une nouvelle Commission européenne se met en place. Après les formalités d’acceptation des Commissaires par le Parlement européen, elle entrera en activité en 2025. Voilà un sujet bienvenu qui serait largement apprécié par les clients et les distributeurs, sauf si les compagnies se décident enfin à créer entre temps une vraie protection de leurs clients.
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Belgique
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