Le gouvernement camerounais s’apprête à régler une dette de 30 milliards FCFA, soit environ 45,801 millions de dollars US, à Tollcam Partenariats SAS, société en charge depuis 2020 de la construction de quatorze postes de péage automatisés. Selon le ministère des Travaux publics, un protocole d’accord est en cours de finalisation afin d’organiser ce paiement, conséquence directe de la résiliation unilatérale du partenariat public-privé (PPP). Le budget 2026 prévoit une première tranche de 20 milliards FCFA, tandis que le reste sera versé en 2027.
En février 2024, le gouvernement a décidé d’abandonner la privatisation de la collecte des péages. Le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a notifié officiellement la rupture du contrat à Philippe Serain, Président de Tollcam. Le projet est désormais transformé en marché public : l’entreprise conserve la conception et la construction des postes, mais perd la gestion et la maintenance. Contestant cette décision, Tollcam a saisi la Cour internationale d’arbitrage de Paris pour réclamer les 30 milliards FCFA, comme l’a relevé la Chambre des comptes dans son rapport sur l’exercice budgétaire 2024.
Un projet lancé depuis plus d’une décennie
L’idée d’automatiser les péages remonte à 2009, sur recommandation du Conseil national de la route. Les études menées en 2010 avaient montré que 75 % des recettes routières provenaient de quatorze postes stratégiques. Après un premier échec en mode marché public, l’État a opté en 2016 pour un PPP. Dix groupements ont manifesté leur intérêt entre 2016 et 2019, et c’est le consortium Razel-BEC / EgisProjects qui a été retenu. Le contrat a été signé le 18 mai 2020 avec Tollcam Partenariats SAS.
Des investissements privés sans financement public direct
Selon l’entreprise adjudicataire, la construction des sept premiers postes n’a nécessité aucune dépense publique. Les travaux ont été financés par des emprunts contractés auprès de banques commerciales, avec un closing financier obtenu en juin 2022 grâce à l’appui de GuarantCo. Les chantiers ont démarré fin 2022 sur les sites de Mbankomo, Boumnyebel, Edéa, Tiko, Mbanga, Nsimalen et Nkometou. Les réserves techniques ont été levées en janvier 2024, ouvrant la voie à une mise en service progressive.
Des projections financières prometteuses mais contestées
Le modèle initial du PPP prévoyait des recettes cumulées de 632,60 milliards FCFA à l’horizon 2041, avec un tarif fixé à 500 FCFA par passage. Sur ce montant, 471 milliards devaient revenir au Trésor public, tandis que Tollcam percevrait 195 milliards de loyers sur dix-huit ans, pour un investissement de départ estimé à 42 milliards FCFA.
Une rupture motivée par le coût jugé excessif
D’après des sources proches du dossier, la décision de rompre le contrat aurait été prise par le chef de l’État, sur la base d’un rapport du Secrétariat général de la présidence. Le niveau des loyers, considéré comme trop élevé, aurait pesé dans ce choix. Le ministère des Travaux publics rappelle néanmoins que le PPP reposait sur une étude technico-économique validée par le Conseil d’appui à la réalisation des contrats de partenariat, et soutenue par un avis favorable du ministère des Finances sur sa soutenabilité.
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