Le gouvernement du Nigeria a annoncé renoncer une nouvelle fois à la suppression des subventions des carburants, une mesure extrêmement populaire dans le pays, un an avant l’élection présidentielle.

Confronté à une grave crise budgétaire, le gouvernement avait d’abord proposé de supprimer ces subventions décriées qui siphonnent chaque année des milliards de dollars des caisses publiques, mais qui permettent aux stations-service de vendre une essence à des prix très en dessous du marché. En novembre, la ministre des Finances Zainab Ahmed avait déclaré vouloir mettre fin à cette mesure « insoutenable » d’ici juin, en accord avec les priorités fixées par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Mais pour maintenir la paix sociale, le gouvernement a finalement annoncé changer d’avis. « Il est clair que le timing est problématique, qu’il y a toujours une inflation croissante et que la suppression des subventions ne ferait qu’aggraver la situation et ferait peser plus de difficultés sur les citoyens », avait déclaré Zainab Ahmed devant les sénateurs. Le ministre du Pétrole, Timipre Sylva, a indiqué mardi 25 janvier que l’actuel gouvernement allait proposer de reporter de 18 mois l’arrêt du système de subventions, laissant la décision sur leur avenir entre les mains du gouvernement qui sera issu de la prochaine élection. Timipre Sylva a rejeté les inquiétudes concernant les pressions de la BM contre le maintien du système en place. « Nous devons regarder la réalité de notre pays. La Banque mondiale ne peut pas diriger le Nigeria pour nous », a-t-il déclaré. La ministre des Finances avait auparavant proposé de remplacer les subventions par « une aide mensuelle de 5.000 nairas » (près de 11 euros), distribuée « à 30 ou 40 millions de Nigérians » parmi les plus démunis.





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