Au terme d’un marathon des négociations et au prix de quelques nuits blanches, le draft de l’accord final de la COP 28 diffusé lundi 11 décembre, ne mentionne pas l’abandon des énergies fossiles. Au grand dam des ONG et de la société civile. Il s’agit d’une petite revanche du pétrole. La COP 29 se tiendra en Azerbaïdjan, une autre puissance gazière et pétrolière.
Hier lundi 11 décembre, un projet d’accord dans le cadre des négociations sur le climat de la COP 28 à Dubaï a été publié la veille de la clôture du sommet. N’appelant pas les nations à éliminer progressivement les combustibles fossiles, dont l’utilisation est le principal moteur du dérèglement climatique, le projet suscite déjà de vives critiques de la part de ses détracteurs qui affirment que les grands pays pétroliers appuyés par l’Opep, ont déployé toute leur énergie en coulisses pour édulcorer le texte sur la nécessité d’éliminer les combustibles fossiles. «On ne peut attendre d’un acteur porno qu’il prône la chasteté », fulmine un représentant d’une ONG environnementale, qui fustige « l’obstination des pays pétroliers.»
En effet, en évoquant la thématique des énergies fossiles, le projet appelle à la réduction des subventions jugées inefficaces et ne parle pas de la sortie en bonne et due forme de ces énergies comme le souhaitaient les Européens et leurs alliés. Le texte indique que «les pays doivent s’engager dans l’élimination progressive des subventions inefficaces aux combustibles fossiles qui encouragent le gaspillage et ne permettent pas de lutter contre la pauvreté énergétique ou d’assurer des transitions justes, dès que possible.»
Pourtant plus de 100 pays sur les quelque 200 qui participent aux négociations ont appelé à l’abandon progressif des combustibles fossiles qui réchauffent la planète.
Les représentants des nations insulaires du Pacifique, Samoa et les Îles Marshall qui subissent les conséquences de la montée des eaux, dénoncent un projet qui constitue de facto, une « condamnation à mort.» De son côté, le négociateur en chef de l’UE, Wopke Hoekstra, a déclaré à la presse que le projet était «clairement insuffisant et ne permettait pas de résoudre le problème que nous sommes ici pour traiter.»






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