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Côte d’Ivoire : Dix ans de croissance folle, mais la pauvreté persiste

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Certes la Côte d’Ivoire des dix dernières années a été l’un des champions africains de la croissance, mais ce bilan d’Alassane Ouattara a été un peu terni par l’absence de politique sociale capable d’endiguer la pauvreté ou les inégalités.

« La Côte d’Ivoire est une des économies les plus dynamiques d’Afrique subsaharienne », écrivent dans leur dernier rapport, les experts de la Banque mondiale(BM). En effet, elle a enchaîné avec des taux croissance qui, pour peu auraient rivalisé avec ceux de la Chine. Ainsi, entre 2011 et 2019, jamais la progression du PIB n’a été inférieure à 7% et a même atteint 9% à deux ou trois reprises. C’est ce qui explique que le PIB ait doublé pour passer de 25,4 milliards à 58,8 milliards de dollars. Ces « Dix Glorieuses » sous Ouattara ont ainsi permis de rattraper le léger retard relatif de la période de crise, faisant ainsi du pays l’une des principales locomotives économiques ouest-africaine.

 

Travers de l’économie ivoirienne

 

Cacao ivoirienA titre de comparaison, son éternel rival de la zone Uémoa, le Sénégal, n’a enregistré que des croissance proche de 5%, à l’exception des deux dernières années où l’amélioration du PIB a été supérieure à 6%. Aujourd’hui, d’ailleurs, le PIB de Côte d’ivoire fait près de deux fois et demi celui du Sénégal.


Alassane Ouattara s’est surtout appuyé sur les grands chantiers pour assurer cette croissance, notamment dans les domaines de l’électricité, des routes, de l’eau, etc. Mais il y a également le secteur de l’agriculture où l’ensemble des filières ont été renforcées. Par exemple, la Côte d’Ivoire c’est désormais 40% du marché mondial du cacao qui contribue pour 15% du PIB et occupe 20% des Ivoiriens.

L’un des travers de l’économie ivoirienne reste néanmoins, la faiblesse du secteur privé et la dépendance étrangère des cours des matières premières.

En outre, la création de richesse ne profite pas à l’ensemble de la population, ce qui fait que les couches les plus pauvres n’ont que très peu profité de ce doublement du produit intérieur brut. En effet, ils sont encore 39,5% des Ivoiriens à vivre sous le seuil de pauvreté, même si le PIB moyen par habitant est de l’ordre de 2200 dollars US.
Certes on s’est éloigné du taux de pauvreté qui était de 55,4%. Néanmoins, il s’agit d’une simple illusion puisque durant cette même période, la population ivoirienne s’est accrue, en passant de 20 à 25 millions d’habitants. De sorte que les 39,5% de pauvres de 2020 représentent encore 10 millions d’habitants, quand les 55% de 2010 en représentaient 11 millions. A sa décharge, Ouattara pourra toujours dire que c’est un million de gagner.

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