En août, la statisticienne Erika McEntarfer avait été limogée et accusée par Trump de manipuler les chiffres. Depuis un proche du président a pris le relais, mais rien ne change. Pire ! Les nouveaux chiffres du chômage aux États-Unis sont un double camouflet
Les ajustements personnels apportés par le président américain n’y ont rien changé. Au mois d’août, les États-Unis de Donald Trump ont connu un nouveau mois peu encourageant pour la santé du marché du travail, comme le révèlent les données officielles publiées vendredi 5 septembre.
22000 emplois créés en août, un chiffre très bas
Malgré son statut de première économie mondiale, les États-Unis ont créé seulement 22 000 emplois le mois dernier, alors que les analystes s’attendaient à 75 000 créations d’emploi. À cela s’ajoute un taux de chômage en progression à 4,3 %. Contre 4,2 % en juillet et 4,1 % en juin. Il s’agit du plus haut niveau depuis l’automne 2021.
Un revers politique de plus pour le chef d’État américain qui était lui-même venu mettre son nez dans les données officielles du précédent rapport rendu le mois dernier. Il avait alors jugé les chiffres «bidonnés» en sa défaveur et pour «minimiser la réussite» de son début de mandat. Ce qui l’avait conduit à remplacer la directrice du service statistique concerné. Mais force est de constater que rien n’a changé. Pire encore, les chiffres sont encore moins bons depuis qu’il a placé un économiste d’un centre de réflexion conservateur qui soutient sans réserve sa politique.
Renvoi «immédiat»
Le mois dernier, la publication de ce rapport officiel sur l’emploi avait créé deux ondes de choc. La première, parce qu’il comportait de fortes révisions du nombre d’emplois créés par la première économie mondiale les mois précédents – montrant alors que le marché du travail résistait moins bien que ce qui avait été jusque-là imaginé. La seconde, parce que le président américain avait décidé dans la foulée de renvoyer Erika McEntarfer, la responsable du service à l’origine du rapport (BLS). Il l’avait accusé, sans apporter la moindre preuve, d’avoir manipulé les chiffres pour ternir l’image de l’administration Trump.
Le locataire de la Maison Blanche avait donc exigé son renvoi « immédiat », stupéfiant au passage de nombreux économistes et le camp démocrate. Car en utilisant Erika McEntarfer comme bouc émissaire, Donald Trump essayait surtout de faire taire le messager plutôt que d’affronter les conséquences de sa politique économique, notamment ses droits de douane massifs qui bousculent les chaînes de production.
Depuis, il a nommé le 12 août E.J. Antoni, économiste passé par la très conservatrice Heritage Foundation où il a publié plusieurs articles favorables à la politique du président républicain, à la tête de la principale agence de statistiques économiques des États-Unis. « Notre économie est florissante et E.J. veillera à ce que les chiffres publiés soient HONNÊTES et JUSTES », a-t-il ajouté, usant de mots tout en majuscules comme à son habitude.
Perte de vitesse
C’est donc raté. Car les chiffres publiés vendredi comportent de nouvelles révisions pour les mois précédents. La plus notable concerne le mois de juin, où la tendance auparavant légèrement positive est devenue négative, avec 13 000 destructions d’emploi sur la période.
Dans l’ombre de Trump, ses conseillers économiques n’osent d’ailleurs pas évoquer de trucage partisan sur les mois précédents. Ils soutiennent plutôt que le renvoi de la directrice du BLS était justifié, car elle aurait selon eux dû prendre des mesures pour améliorer la fiabilité des publications. Sans croire à une manipulation politique, les économistes interrogés par l’AFP attribuent les fortes révisions des chiffres du BLS au fait que les entreprises sondées répondent de plus en plus tardivement, rendant les estimations initiales moins fiables.
Au bout du compte, plus le tableau des mois précédents se précise, plus il montre un marché du travail en perte de vitesse de l’autre côté de l’Atlantique. Et le secteur industriel, dont le redressement est une des priorités de l’administration Trump, a détruit plus d’emplois qu’il n’en a créés ces derniers mois. Et le statisticien « exceptionnel » promis par Donald Trump n’y peut pas grand-chose.
Avec AFP
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