C’est un nouveau signe de la détente politique et de l’apaisement qui s’installe dans le pays. Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a annoncé dimanche soir l’ouverture dès ce mardi 25 avril en Tanzanie, de négociations de paix avec l’OLA, groupe rebelle actif dans la région de l’Oromia, la plus vaste et la plus peuplée du pays.
Dans un communiqué publié dans la nuit de dimanche 23 avril, le groupe rebelle représentant les Oromo, a confirmé les déclarations d’Abiy Ahmed en affirmant que Addis-Abeba a accepté ses conditions pour des négociations de paix, qui incluent la participation d’une tierce partie indépendante en tant que médiatrice et un engagement de maintenir la transparence tout au long du processus.
C’est au cours d’une cérémonie réunissant les participants et parrains du processus de paix au Tigré où un accord de paix signé le 2 novembre a mis fin à deux ans de conflit entre le gouvernement central et les autorités régionales entrées en rébellion que le Premier ministre éthiopien a révélé l’ouverture des négociations avec le groupe rebelle de l’Oromia. Cette rébellion combat le gouvernement fédéral éthiopien depuis qu’elle a fait scission en 2018 avec l’historique Front de libération Oromo (OLF) qui a renoncé cette année-là à la lutte armée. Elle a donné naissance à une nébuleuse de groupes armés se réclamant d’elle mais avec lesquels les liens sont diffus.
Evalués à quelques milliers d’hommes en 2018, les effectifs de l’OLA ont augmenté ces dernières années, même si les observateurs l’estiment insuffisamment organisée et armée pour représenter une réelle menace pour Addis-Abeba.
L’Oromia a été le théâtre de massacres ethniques aux auteurs pas clairement identifiés. L’Ethiopie est minée par de multiples conflits locaux, souvent liés au réveil de revendications identitaires et foncières depuis l’arrivée de l’actuel Premier ministre au pouvoir en 2018, après trois décennies de régime d’une coalition dominée par la minorité tigréenne, chassée par des manifestations populaires.





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