En clôturant son troisième véhicule dédié au crédit privé en Afrique à 404 millions de dollars, effet de levier compris, la société de gestion britannique Ninety One confirme l’appétit croissant des investisseurs internationaux pour le financement d’entreprises et d’infrastructures sur le continent. Derrière cette levée, un constat : face au déficit persistant de capitaux, le crédit privé s’impose progressivement comme une source alternative de financement pour les économies africaines.
Un pari de 404 millions sur les marchés émergents
La société de gestion britannique Ninety One a annoncé, le 18 août, la clôture finale de son troisième fonds Africa Credit Opportunities (ACO3 Fund) à 404 millions de dollars, effet de levier compris. Le véhicule a séduit des investisseurs institutionnels d’Afrique, d’Europe, du Royaume-Uni, des États-Unis et du Canada — des fonds de pension aux family offices en passant par des institutions de financement du développement.
Le crédit privé profite du déficit de financement
La stratégie du fonds cible un segment encore largement sous-financé : les entreprises établies et les infrastructures jugées essentielles dans les économies africaines et d’autres marchés émergents. L’objectif est double : offrir des rendements attractifs aux investisseurs tout en finançant des activités porteuses de croissance économique durable. « Nous continuons de constater un déficit de financement significatif pour les entreprises et les projets d’infrastructures de haute qualité à travers l’Afrique », souligne Nathaniel Micklem, co-responsable de l’initiative Emerging Market Alternative Credit de Ninety One.
Depuis sa première clôture à 260 millions de dollars en novembre 2024, le portefeuille a dépassé les 30 investissements répartis entre l’Afrique, l’Amérique latine, l’Asie et l’Europe centrale et orientale. Les secteurs visés vont des télécommunications et services financiers à la santé, l’industrie, les biens de consommation et les matériaux. Parmi les opérations emblématiques : le financement du Ghana Cocoa Board (COCOBOD) pour des projets d’irrigation bénéficiant à 800 000 familles d’agriculteurs, et un prêt au groupe Paratus pour développer la connectivité numérique en Afrique australe (Angola, Namibie, Afrique du Sud).
Avec cette levée, Ninety One capitalise sur une équation centrale des marchés émergents : des besoins de financement qui explosent face à une offre de capitaux encore insuffisante. Pour les entreprises africaines, le crédit privé s’impose comme une source complémentaire aux banques et aux marchés de capitaux. Pour les investisseurs, il ouvre l’accès à des actifs potentiellement plus rentables — en contrepartie d’un risque et d’une complexité accrus.
Ninety One
Ninety One est une société de gestion d’actifs britannique (ou sud-africano-britannique).
Son siège social se trouve à Londres, Royaume-Uni. Elle a été créée en 1989 en Afrique du Sud sous le nom de Investec Asset Management, avant de devenir indépendante et de se rebaptiser Ninety One en 2020, en référence à l’année 1991 où elle avait lancé sa première stratégie d’investissement en dehors de l’Afrique du Sud. L’entreprise est cotée à la Bourse de Londres.





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