Libreville lance un vaste examen des conventions minières pour renforcer la transparence et rassurer ses partenaires financiers. À l’image du Ghana, le pays espère assainir un secteur-clé, encore marginal dans ses recettes extractives.

Le gouvernement gabonais a officialisé, lors du Conseil des ministres du jeudi 18 décembre, le lancement d’un vaste audit du secteur minier. Objectif affiché : renforcer la «transparence, la redevabilité et l’équité» dans un domaine stratégique de l’économie nationale. Par cette initiative, le Gabon rejoint le Ghana, seul autre pays africain à avoir engagé en 2025 une réforme d’ampleur similaire.
À Accra, les autorités ont demandé dès octobre dernier aux producteurs d’or de transmettre l’ensemble de leurs données financières sur les dix dernières années. Ce programme, qui doit s’achever en juin 2026, prévoit l’examen approfondi des registres comptables, des paiements fiscaux et des volumes exportés. Si le calendrier gabonais reste à préciser, plusieurs éléments clés de la démarche ont d’ores et déjà été dévoilés.
Au Gabon, l’audit prévoit la publication intégrale de toutes les conventions minières existantes, ainsi qu’un examen exhaustif de celles signées entre 2010 et 2024. Comme au Ghana, cette initiative vise un assainissement du secteur, longtemps critiqué pour son opacité.
Mais à Libreville, les motivations dépassent la seule réforme minière. Selon les autorités, cette mesure s’inscrit également dans le cadre des discussions engagées avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue de la conclusion d’un nouveau programme de financement.
Un signal envoyé au FMI après la crise politique
Le FMI avait suspendu un précédent programme avec le Gabon à la suite du putsch de 2023. L’institution doit encore mener une mission dans le pays, initialement prévue en juin dernier mais reportée à la demande du gouvernement. L’exécutif souhaitait disposer de plus de temps pour finaliser un diagnostic complet de la situation économique et financière nationale.
Dans ce contexte, l’audit minier apparaît comme un signal de bonne volonté adressé aux bailleurs internationaux. Il reste toutefois prématuré d’anticiper les mesures concrètes qui pourraient découler de ses conclusions.
Un secteur encore secondaire dans l’économie gabonaise
À l’instar du Ghana, le Gabon accueille plusieurs compagnies minières étrangères de premier plan, parmi lesquelles le français Eramet, le chinois Huazhou ou encore l’australien Fortescue. Pourtant, le poids du secteur minier dans l’économie nationale demeure limité.
Selon l’ITIE-Gabon, les mines ne représentaient que 7 % des recettes extractives du pays en 2022, contre 93 % pour les hydrocarbures. La situation contraste fortement avec celle du Ghana, où le secteur minier constitue un pilier de l’économie : l’or à lui seul comptait pour 7,2 % du PIB en 2023.
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