Les obligations internationales du Gabon ont été chahutées en baisse jeudi 25 juin sur les marchés secondaires, au lendemain de la décision de l’agence de notation financière Moody’s de réviser la perspective de crédit du pays de « stable » à « négative », tout en maintenant la note souveraine à Caa2, rapporte l’agence Reuters.
Ce repli s’inscrit dans une pression continue sur les obligations internationales du Gabon. Le 15 avril dernier, l’eurobond à échéance 2031 avait déjà enregistré son décrochage journalier le plus important en un an, perdant 2,99 cents sur le dollar pour s’établir à 84,40 cents, après la publication par le FMI de projections budgétaires plus dégradées qu’anticipées. La révision de Moody’s intervient dans ce contexte, et pourrait orienter les titres vers de nouveaux niveaux encore plus bas.
Moody’s justifie la révision de perspective par l’accumulation de vulnérabilités structurelles. Des besoins de financement bruts projetés entre 15% et 20% du PIB sur les trois prochaines années, un déficit budgétaire estimé à 8,5% du PIB en 2025, et un ratio dette/PIB attendu à près de 88% à moyen terme composent un tableau plutôt sombre. Moody’s soulève par ailleurs le risque que l’audit en cours de la dette publique révèle des engagements non déclarés. En gros, le syndrome de la « dette cachée.»
La révision de perspective de Moody’s constitue un signal d’alerte sur un émetteur dont le concurrent Fitch avait déjà maintenu la note à CCC- en mai dernier, évoquant un risque inhérent de défaut. L’issue des négociations avec le Fonds monétaire international reste le principal catalyseur susceptible d’inverser la tendance sur la confiance en la signature du Trésor gabonais.





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