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L’Algérie va-t-elle recourir au FMI pour la première fois depuis des lustres ?

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C’est un fait. L’Algérie fait face à la plus grave crise économique et financière de son histoire récente, du fait de la forte baisse des cours des hydrocarbures, combinée à une perte de parts de marché en Espagne où se trouvent ses premiers clients. Si le pays parvenait à tenir jusqu’ici grâce à ses réserves de change, les choses pourraient changer. Le recours à un financement international se présente de plus en plus comme une nécessité.

S’il y a une économie peu diversifiée en Afrique, c’est sans doute celle de l’Algérie dont le pétrole et le gaz représentent jusqu’à 95% de ses exportations et 70% de ses recettes budgétaires. Tant que les cours des hydrocarbures étaient à un niveau élevé, la manne pétro-gazière était suffisante pour remplir les caisses de l’Etat et surtout sécuriser les importations dont le pays dépend tant. Sauf que l’année 2020 est marquée par une chute sans précédent des cours depuis plus d’une vingtaine d’année, affectant les revenus du pays. Selon les prévisions de la Banque mondiale et du FMI, le PIB devrait se contracter de 5,2% en 2020 ainsi qu’un déficit budgétaire parmi les plus élevés de la région.

Ainsi, dans sa loi de finances pour 2021, le gouvernement chiffre le déficit à 2.700 milliards de dinars (17,6 milliards d’euros), contre 2.380 milliards de dinars en 2020, soit près de 14% du Produit intérieur brut (PIB). De même, le déficit de la balance des paiements est de l’ordre de 23 milliards de dollars cette année, alors que les réserves de change n’étaient que 62 milliards de dollars. On s’achemine alors vers un matelas de couverture de l’ordre de 39 milliards de dollars d’ici la fin de l’année, soit moins de 10 mois d’importation. Et si la tendance ne s’inverse pas, dès 2021, pour acheter le blé, le sucre, l’huile dont elle a besoin, l’Algérie sera obligée de rompre avec sa doctrine qui refuse tout emprunt étranger.

Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, avait totalement écarté l’option d’un emprunt auprès du FMI ou de la Banque mondiale qui n’hésitent pas à conditionner leurs prêts par des réformes drastiques auxquelles l’Algérie ne pourrait échapper. Parmi les mesures auxquelles il faudrait s’attendre pourrait figurer la réforme du régime de change où le cours officiel du dinar côtoie le marché noir, favorisant tous les trafics. Le FMI et la Banque mondiale n’hésiteront pas non plus à imposer un abandon des subventions excessives dont l’Algérie est si friande. De même, ils pourraient aussi exiger que soit revue la réglementation sur les investissements qui pourrait déboucher sur la privatisation d’entreprises publiques soutenues à coup de subvention. Autant de réformes auxquelles le gouvernement a toujours été réticent, non sans raison d’ailleurs.

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