En deux ans, le Port Autonome d’Abidjan (PAA), un des hubs logistiques de la sous-région de l’UEMOA, a doublé son volume de trafic conteneurs. Ce qui renseigne aussi sur le dynamisme de l’économie ivoirienne qui enregistre une forte croissance depuis la sortie de la pandémie du Covid-19
Les données dévoilées par la direction du port d’Abidjan ne laissent aucun doute : les volumes de conteneurs traités sur la plateforme sont passés de 840.926 EVP (ndlr : équivalent vingt pieds) en 2022 à 1,6 million de boîtes l’année dernière. Ce boom du trafic conteneurs a contribué à plus de 15% à la croissance de l’activité portuaire, qui a atteint 40 millions de tonnes en 2024 contre 34,7 millions en 2023.
Cette embellie est portée par la mise en service de «Cote d’Ivoire Terminal», le deuxième terminal à conteneurs doté d’une capacité de 1,5 million d’EVP et d’un tirant d’eau de 16 mètres lui permettant de recevoir de plus gros navires. La plateforme a ainsi pu accueillir l’impressionnant porte-conteneurs MSC ALIYA, propriété de l’armateur italo-suisse MSC avec ses 14.300 boîtes EVP. Le fait que l’exploitation et le développement de ce terminal ont été confiés au groupe AGL, ex- Bolloré Africa Logistics et filiale de l’armateur MSC, est un atout susceptible de booster le trafic, les compagnies maritimes ayant tendance à privilégier les ports où leurs filiales assurent la manutention des conteneurs.
La concurrence en vue avec Lomé et Tema
Ce niveau de trafic rapproche le port d’Abidjan de ses concurrents ouest-africains que sont Lomé, avec 1,91 million d’EVP en 2023 et Tema au Ghana (1,9 millions d’EVP en 2024), deux plateformes où AGL et MSC exploitent en concession des quais portuaires. La concurrence devrait durcir, prédisent les professionnels, car les travaux d’extension en cours porteront les capacités de Tema et Lomé respectivement à 3,7 millions d’EVP et 2,7 millions d’EVP. Pas loin de là, le Nigeria a par ailleurs lancé un vaste programme de modernisation de ses ports. Le géant ouest-africaun dispose depuis janvier 2023 d’un nouveau port en eau profonde de 2,5 millions d’EVP à Lekki (à la périphérie de Lagos), alors que ses principales plateformes comme Apapa et Tin Can Island multiplient les réformes pour réduire la congestion qui plombe leur trafic et profite à la concurrence de Lomé et de Cotonou.





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