Donald Trump a reçu mercredi 9 juillet à la Maison-Blanche cinq présidents d’Afrique de l’Ouest et du Centre, riche en minerais critiques, pour un déjeuner en forme de mini-sommet.
Objectif de cette rencontre pour les États-Unis : contrer l’influence grandissante sur le continent de la Chine et de la Russie

Les présidents du Liberia, du Sénégal, de Mauritanie, de Guinée-Bissau et du Gabon ont été invités pour cette rencontre centrée officiellement sur des questions commerciales, d’investissement, et de sécurité, selon des responsables interrogés par l’AFP.
La Maison-Blanche a seulement confirmé ce déjeuner, ne fournissant que peu de précisions sur le contenu des échanges à attendre.
Pour Landry Signé, chercheur au cercle de réflexion Brookings, «ce sommet marque un moment charnière et un test pour la politique étrangère de l’administration Trump en ce qui concerne les relations États-Unis/Afrique.»
«La question de savoir si les États-Unis peuvent traduire leur nouvelle doctrine en partenariats durables dépendra de leur capacité à surpasser la Chine et la Russie en matière de capital, de présence, et d’engagement à long terme,» a-t-il ajouté dans une note.
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump prône une diplomatie basée sur des principes transactionnels, et a mis la question des minerais au centre des négociations avec de nombreux États étrangers, comme avec l’Ukraine ou dans le cadre de l’accord de paix entre le Rwanda et la RDC.
Manganèse
Les cinq présidents africains invités sont ainsi à la tête de pays riches en minerais, notamment en or ou en terres rares, des composants critiques pour l’économie mondiale, notamment dans la fabrication d’appareils électroniques ou de véhicules électriques.
Selon l’Institut géologique américain (USGS), le Gabon était ainsi en 2023 le deuxième plus gros producteur mondial de manganèse, un minerai essentiel pour la fabrication de batteries, derrière l’Afrique du Sud.
Les États-Unis ont levé fin mai les sanctions imposées au Gabon en 2023 en raison d’un coup d’État, après que ce pays a organisé des élections au mois d’avril, au cours desquelles le général Brice Clotaire Oligui Nguema, à l’origine du coup d’État, a obtenu un mandat de président en remportant 94,85% des voix.
Encourager l’investissement privé
Lors d’une conférence de presse vendredi, le porte-parole de la présidence gabonaise Théophane Biyoghe a déclaré qu’avec cette rencontre, il était question pour le Gabon de «faire valoir ses atouts et d’identifier avec les États-Unis des points de concordance,» notamment autour de «l’industrialisation» du pays.
Fin juin, des entreprises américaines se sont engagées à investir dans plusieurs projets d’infrastructures en Afrique, lors d’un sommet en Angola qui a été l’occasion pour Washington de défendre les investissements privés plutôt que l’aide internationale.
Sécurité
Ces derniers mois, l’administration Trump a procédé à de larges coupes sombres dans ses aides aux pays étrangers et a notamment décidé du démantèlement de l’USAID, l’agence de développement international dont bénéficiait de nombreux pays d’Afrique.
Interrogée par l’AFP mardi, la porte-parole du président libérien, Kula Fofana, a fait savoir que Joseph Boakai avait accepté l’invitation à Washington dans l’optique que son pays ne soit plus «seulement un récipiendaire» d’aide.
Aux côtés de Joseph Boakai et Brice Clotaire Oligui Nguema, les présidents bissau-guinéen Umaro Sissoco Embalo, sénégalais Bassirou Diomaye Faye, et mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, ont également été reçus à la Maison-Blanche.
Lors de la rencontre, les questions de sécurité et du trafic de drogue – deux priorités de l’administration Trump – pourraient également être abordées, a appris l’AFP d’une source proche de la mission bissau-guinéenne aux États-Unis.
L’instabilité politique et la pauvreté en Guinée-Bissau ont favorisé l’implantation de narcotrafiquants, qui utilisent ce territoire comme zone de transit de la cocaïne entre l’Amérique latine et l’Europe.
Washington a récemment interdit l’entrée sur son territoire aux ressortissants de douze pays, principalement africains. Les États-Unis envisagent d’étendre leur interdiction de voyager à 36 pays supplémentaires, parmi lesquels le Sénégal, la Mauritanie, le Gabon et le Liberia.
Avec AFP





Etats-Unis
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