L’Imam Mahmoud Dicko, une figure religieuse très influente au Mali et un des leaders du mouvement M5 qui avait conduit à la destitution de l’ancien président par les militaires, a poussé un énorme coup de gueule jeudi en dénonçant, «l’arrogance des autorités de la transition et l’orgueil de la communauté internationale» en commentant la situation politique du pays.
Le prédicateur s’exprimait à l’occasion de la 22ème édition du Forum de Bamako sur le thème : «Femmes, Paix, Sécurité et Développement en Afrique. Notre avenir dans la marche du monde».
«De quelle paix parle-t-on ? De quelle sécurité et de quel développement ?», s’interroge le sulfureux iman avant de lancer une salve de critiques qui a dû sonner dans les oreilles de la junte : «Pendant que le peuple malien est pris en otage par des gouvernements arrogants, je dis bien arrogants, on ne cherche pas une solution et la communauté internationale par leur orgueil. Nous, nous sommes dans notre arrogance et le peuple est en train de mourir. Vous venez parler de paix et de sécurité et de quoi ici ?», s’étonne l’imam Mahmoud Dicko.

La junte au pouvoir à Bamako sait ce qu’elle doit à ce religieux qui, au contraire d’autres voix dissonantes qui se terrent, peut dire tout haut ce qu’il pense de la gestion du pays sans craindre des représailles ou d’être emprisonné. Pour lui, ceux qui dirigent le pays «ne respectent pas le peuple». Entre les lignes, ils ne travaillent pas assez pour le peuple. «C’est pourquoi, justifie-t-il, «j’ai parlé de l’arrogance de nos dirigeants et de l’orgueil de la communauté internationale».
La classe politique en a pris également pour son grade : «celle-ci ne bouge pas, elle n’existe plus ; la société civile a par ailleurs cessé d’exister alors que le peuple est en train de trembler entre les gens qui veulent une transition indéfinie», martèle le célèbre imam bamakois devant le Premier ministre Choguel Maïga. Ce dernier a tenté de se défendre face à ces attaques : «Le Mali, n’a jamais vécu en vase clos, et le narratif défavorable que certains tentent de lui coller ne correspond pas à l’ADN de notre nation, une nation forgée par le brassage culturel, une nation multiséculaire et ouverte sur le monde». Pas vraiment convaincant au goût du tonitruant imam.





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