Sans faire d’annonce majeure, le Président républicain a tenté de défendre son bilan controversé lors du discours annuel face au Congrès américain.
Un discours fleuve – d’une heure et quarante sept minutes- et tout sauf tranquille. Le président américain Donald Trump n’a pas mâché ses mots devant les membres du Congrès, mardi 24 février, à Washington (Etats-Unis), pour la traditionnelle prise de parole sur l’état de l’Union. Le chef de l’Etat républicain avait prévenu qu’il allait être bavard, ce qu’il a prouvé avec le discours le plus long de l’histoire (1h47), loin devant le précédent record établi par Bill Clinton en 2000 (1h20)
Naviguant dans un contexte politique extrêmement tendu aux Etats-Unis, Donald Trump n’a fait ni mention de l’affaire Epstein, qu’il voudrait balayer sous le tapis, ni des citoyens américains Renee Nicole Good et Alex Pretti tués par des agents de la controversée police de l’immigration à Minneapolis.
A la place, il a défendu bec et ongles le bilan de sa première année de retour au pouvoir, à grand renfort d’exagérations et de critiques contre ses opposants. Voici ce qu’il faut retenir de ce discours très attendu.
Des attaques répétées contre les démocrates
Donald Trump a lancé ses virulentes attaques contre les démocrates au bout de 34 minutes de discours à peine. Il a ciblé les alliés de son prédécesseur Joe Biden, accusés d’être « corrompus. » Plus largement, il a traité ses opposants de « fous » et les a régulièrement pris à partie. « Vous devriez avoir honte, » leur a-t-il lancé, après avoir tenté de leur faire applaudir sa politique agressive contre l’immigration illégale. A la différence de leurs collègues républicains, aucun démocrate ne s’est levé ou n’a applaudi à ce moment-là. A l’inverse, les représentantes du Minnesota et du Michigan, Ilhan Omar et Rashida Tlaib, ont crié plusieurs fois, malgré les consignes de leur parti conseillant de garder son calme. « Menteur, » « vous avez tué des Américains ! » a notamment lancé Ilhan Omar.
Le Président américain a encore attaqué ses opposants concernant le projet de loi « SAVE, » qu’il souhaite faire voter au plus vite afin de contrôler plus strictement l’identité des électeurs. « Ils veulent tricher, » a-t-il lancé à l’encontre des démocrates, qu’il accuse de vouloir favoriser l’immigration clandestine pour peser dans les élections. S’il répète cette accusation depuis de nombreuses années, Donald Trump n’a jamais apporté de preuves concernant de telles fraudes. Une vingtaine d’élus démocrates avaient choisi de boycotter le discours du Président et plusieurs manifestations contre la politique de Donald Trump ont été organisées à l’extérieur du Capitole.
De nouvelles accusations contre l’Iran
Très attendu au sujet de l’Iran, Donald Trump a décrit la République islamique comme une menace de premier ordre. L’Iran a « déjà développé des missiles qui peuvent menacer l’Europe et nos bases » militaires et « travaille à bâtir des missiles qui pourront atteindre bientôt les Etats-Unis, » a notamment déclaré le président américain, alors que Washington a envoyé une imposante armada militaire au Moyen-Orient. Donald Trump a surtout accusé Téhéran de poursuivre de « sinistres ambitions nucléaires, » laissant flotter la menace de nouveaux bombardements comme ceux menés fin juin 2025.
Mercredi matin, l’Iran a vivement réagi à ces accusations. « Tout ce qu’ils avancent au sujet du programme nucléaire iranien, des missiles balistiques de l’Iran et du nombre de victimes lors des troubles de janvier n’est rien d’autre que la répétition de gros mensonges, » a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmaïl Baghaï, sur le réseau social X.
Une expulsion d’un élu démocrate
Le représentant du Texas, le démocrate Al Green, s’est fait remarquer dès l’entrée de Donald Trump dans la salle du Congrès. Au passage du Président, l’élu a déployé une large pancarte blanche disant « Les Noirs ne sont pas des singes ». Une référence directe à la vidéo raciste partagée début février par Donald Trump sur son réseau social, représentant l’ancien Président Barack Obama et sa femme en singes. Escorté vers la sortie, Al Green a agité sa pancarte alors que certains tentaient de lui arracher des mains.
L’élu de 79 ans, opposant de la première heure de Donald Trump, avait déjà été expulsé du Congrès en février 2025 après avoir crié son opposition au retour au pouvoir du milliardaire républicain lors d’un discours similaire face aux parlementaires.
De fausses informations à la pelle
Fidèle à lui-même, Donald Trump a défendu son bilan en listant ses supposées réussites, que les médias américains se sont empressés de vérifier. Verdict : l’indice de vérité n’est pas très bon. Sur le volet économique, le locataire de la Maison Blanche a multiplié les fausses informations et les exagérations. Il a par exemple assuré avoir « obtenu des engagements [d’investissements] de plus de 18 000 milliards de dollars, provenant du monde entier ». Mais ce chiffre mirobolant relève de la « fiction », pointe CNN ;
. Selon les propres données de la Maison Blanche, le gouvernement Trump a plutôt obtenu 9 700 milliards de promesses d’investissements, et encore, ces engagements sont « vagues » et désignent souvent des volumes d’échanges commerciaux, explique la chaîne.
Il en va de même pour l’inflation, qui était « à un niveau record » à son retour au pouvoir, assure-t-il. Faux, selon la chaîne NBC, qui rappelle que ce taux était de 2,9% lors de la transition, contre 8,9% en 2022 et 14% (le vrai record) dans les années 1980. Il a également déclaré que le prix de l’essence était descendu à 2,30 dollars le gallon (environ 3,8 litres) dans certains Etats, ce qu’aucun comparateur national ne confirme. Donald Trump a aussi provoqué la colère de l’opposition en se félicitant d’avoir mis fin à « huit guerres » dans le monde, ce que CNN conteste, faisant valoir que certains conflits cités sont plutôt des crises diplomatiques et que d’autres ont repris malgré l’intervention de Washington.
Un bras de fer assumé sur les droits de douane
Après le revers que lui a infligé la Cour Suprême le 20 février concernant la hausse des droits de douane américains, jugée en partie illégale, Donald Trump s’est montré résolu à imposer ses surtaxes coûte que coûte. « Aucune intervention du Congrès ne sera nécessaire, » a-t-il assuré, alors que cette décision revient normalement aux parlementaires. Mardi, les nouveaux droits de douane mondiaux décrétés par le Président des Etats-Unis sont d’ailleurs entrés en vigueur, sur la base d’une loi datant de 1974. Là encore, Donald Trump a livré une « fake news » de plus, en assurant que « les pays étrangers paient les droits de douane »américains, alors qu’en réalité, ce sont les importateurs américains qui en font les frais – et les consommateurs en bout de chaîne.
Plusieurs invités surprises
Habitué des mises en scène, Donald Trump a ponctué son discours de coups de théâtre et d’hommages rendus à des invités surprises. Il a notamment fait applaudir l’équipe masculine de hockey sur glace, médaillée d’or aux Jeux olympiques d’hiver de Milan Cortina après une victoire contre le Canada. Des médailles ont aussi été remises à un vétéran de la guerre de Corée âgé de 100 ans, ainsi qu’à un militaire ayant participé à la capture du Président vénézuélien Nicolas Maduro en janvier.
Donald Trump a encore misé sur l’émotion en organisant en direct les retrouvailles de l’opposant vénézuélien Enrique Marquez, qui était détenu par le régime de Nicolas Maduro, avec sa nièce. « Alejandra, j’ai le plaisir de vous dire que, non seulement votre oncle a été libéré, mais il est ici ce soir, »a-t-il lancé sous les applaudissements de la salle.
Un contre-discours offensif des démocrates
Le Président américain n’était pas le seul orateur attendu dans la nuit de mardi à mercredi. Depuis la ville de Williamsburg, en Pennsylvanie, la gouverneure démocrate Abigail Spanberger a livré le traditionnel contre-discours de l’opposition. Par micro interposé, l’élue de Virginie a enchaîné les accusations contre Donald Trump, lui reprochant de « couvrir » les dossiers Epstein, d’avoir mis sur pied « des arnaques à la cryptomonnaie » pour s’enrichir personnellement et de « frayer avec des milliardaires pour des salles de bal », en référence au financement du chantier controversé en cours à la Maison Blanche. « Il ne fait aucun doute que Donald Trump travaille pour lui-même, et pas pour le peuple américain, » a conclu Abigail Spanberger.
Source : France Info








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