Mohammed VI, 26 ans de règne. Un Maroc tourné vers l'Afrique et l'avenir.
La multiplication des crises dans l’espace sahélo-saharien (Libye, Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad) a exacerbé l’insécurité multidimensionnelle (personnelle, économique, politique, sociale, environnementale, sanitaire, etc.) des populations vivant dans cette sous-région et montre non seulement la faiblesse des Etats mais aussi la nécessité d’une coopération régionale, notamment entre le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest pour relever, ensemble, les défis communs.
Le Maroc, bien que ne partageant pas de frontières directes avec le Sahel, est considéré par l’Union européenne et les Etats-Unis d’Amérique comme un allié de poids dans la sécurisation de la région, en raison de sa proximité géographique, de son expertise et de ses liens historiques avec les pays de la région. Il participe ainsi à des initiatives de coopération sécuritaire avec des pays comme la Mauritanie et s’engage dans des partenariats bilatéraux et multilatéraux pour renforcer les capacités des forces de sécurité sahéliennes.
Le Royaume chérifien a également renforcé sa coopération militaire avec Israël, ce qui pourrait potentiellement contribuer à la lutte contre le terrorisme dans la région. Dans cette approche sécuritaire privilégiant les partenariats sur les «solutions» individuelles suivies par certains Etats, le Maroc met l’accent sur la diplomatie religieuse, en s’appuyant sur le rôle de Commandeur des croyants de Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour promouvoir un Islam modéré et contrer l’extrémisme.
Le Maroc s’efforce également de renforcer ses liens économiques avec les pays du Sahel, considérant cet espace comme un pôle de croissance potentiel et un facteur de stabilité pour la région.
Comme défis et enjeux, le Maroc doit faire face à la complexité des relations avec l’Algérie, qui considère l’influence marocaine au Sahel comme une menace pour ses propres intérêts. Alger, souvent accusée par le Mali de fermer les yeux sur des incursions de groupes armées à partir de son territoire, accepte difficilement la présence d’autres formes militaires pour contenir une situation au Sahel marquée par une insécurité persistante, alimentée par la présence de groupes terroristes, les conflits intercommunautaires et les effets du changement climatique.
La stratégie marocaine part du principe que la lutte contre le terrorisme dans le Sahel nécessite une approche intégrée, combinant actions sécuritaires, développement économique et renforcement des institutions étatiques.
En somme, l’implication croissante du Maroc dans la sécurité au Sahel témoigne de la volonté du royaume de jouer un rôle actif dans la stabilisation de cette région stratégique, tout en faisant face à des défis sécuritaires et géopolitiques complexes.
Le Maroc propose une approche multidimensionnelle pour lutter contre le terrorisme au Sahel, axée sur la coopération sécuritaire, la formation religieuse, le développement socio-économique et la diplomatie. L’approche marocaine met l’accent sur le renforcement des capacités des États sahéliens, la lutte contre la radicalisation et la promotion de la stabilité régionale. Elle va de la coopération sécuritaire (renforcement des capacités, partage d’informations, coordination régionale) au développement socioéconomique en passant par la lutte contre la radicalisation (formation religieuse), afin de contrer les discours radicaux, la diplomatie et la médiation, notamment en facilitant les négociations entre les États sahéliens et les groupes armés.
En résumé, le Maroc propose une approche globale qui combine la coopération sécuritaire, la formation religieuse, le développement socio-économique et la diplomatie pour lutter efficacement contre le terrorisme au Sahel.





Burkina Faso
Libye
Mali
Maroc
Niger
Tchad

![Tribune | Maroc-UE : les relations à l’épreuve de la parlementarisation de la politique extérieure et de sécurité européenne [Par Pr. El Hassane Hzaine] Les relations entre le Maroc et l'Union européenne ont évolué d'un simple accord commercial en 1969 à un partenariat stratégique multidimensionnel ; l'accord d'association de 1996 (en vigueur en 2000) a posé les bases, renforcées par l'intégration du Maroc dans la Politique européenne de voisinage en 2004 et l'obtention du statut avancé en 2008, qui a reconnu le Maroc comme un « partenaire privilégié » visant à favoriser la convergence réglementaire et à renforcer la coopération en matière de sécurité et de migration.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/09/Drapeau--450x246.jpg)


![Tribune | Le Nexus politique intérieure-extérieure : contraintes internes et comportement extérieur de l’Espagne envers le Maroc [Par Pr. El Hassane Hzaine] L’objet de cet article est de décrire l’évolution des relations hispano-marocaines depuis l’accession au trône de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, d’en repérer les régularités et de modéliser la dynamique des interactions en identifiant les chemins causaux qui expliquent les variations entre phases coopératives, phases conflictuelles et crises majeures. À cette fin, nous avons construit une base de données événementielle dont la méthodologie repose sur un design mixte longitudinal combinant le codage de 147 événements dyadiques hispano-marocains (2000-2026) selon deux échelles complémentaires — Goldstein (1992) et COPDAB d’Azar-Sloan (1975-1980) —, la construction d’un indice composite de stabilité gouvernementale espagnole (ISG) intégrant quatre dimensions (durée effective au pouvoir, type de majorité, cohésion de la coalition et marge parlementaire), afin de tester la corrélation entre fragmentation politique intérieure et coopération bilatérale.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/09/Maroc-Espagne--450x209.jpg)
