Mohammed VI, 26 ans de règne. Un Maroc tourné vers l'Afrique et l'avenir.
L’Afrique, dont le nombre d’habitants atteindra 2,5 milliards de personnes, à l’horizon 2050, soit plus du quart de la population mondiale, dispose de multiples potentialités qui font du continent un enjeu stratégique mondial et un espace géostratégique important où se déploie une vive concurrence entre puissances traditionnelles et émergentes.
Les relations du Maroc avec les pays d’Afrique ont connu un essor depuis l’accession de Sa Majesté le Roi MohammedVI au trône en 1999.
Le positionnement stratégique du Maroc vis-à-vis de l’Afrique est mû principalement par des considérations de développement du continent et du concept de «sécurité collective» que met en avant l’ONU. Il traduit la ferme volonté du Royaume à accompagner le processus de convergence économique, social et institutionnel de ses partenaires africains, notamment en Afrique Centrale et de l’Ouest.
Les visites du Roi Mohammed VI en Afrique subsaharienne ont souvent été les principaux catalyseurs de cette dynamique coopérative.
Initiées en 2001, ces visites officielles mettent en exergue la volonté politique du Roi d’intensifier la projection économique des intérêts marocains dans le voisinage Sud. Le Maroc de Mohammed VI optait alors pour un renforcement de sa diplomatie bilatérale et régionale. D’où son rapprochement avec les différentes régions du continent, concrétisé par la prise d’initiatives politiques vis-à-vis des pays d’Afrique subsaharienne couplée de mesures économiques. En 2005, une convention en matière de santé ainsi qu’un accord de coopération culturelle furent signés avec le Burkina Faso. Puis s’ensuivit une série d’accords de partenariat couvrant d’autres domaines avec la République du Congo, la République démocratique du Congo (RDC) et la Gambie en 2006, la Guinée équatoriale en 2009, le Mali en 2013, la Côte d’Ivoire et la Guinée en 2014, la Guinée-Bissau, le Gabon et le Sénégal en 2015. Cette nouvelle diplomatie économique marocaine était portée par l’enjeu du réinvestissement institutionnel de l’UA dans l’objectif de dépasser le blocage de l’Union du Maghreb arabe (UMA) et de rendre visible le statut avancé avec l’UE. L’orientation économique de ces tournées royales était manifeste. Lors du voyage de 2016 au Rwanda, en Éthiopie et en Tanzanie, le souverain marocain était accompagné d’une suite d’entrepreneurs de premier plan.
La politique africaine du Maroc vise à promouvoir l’intégration et le développement du continent, avec un accent sur la coopération Sud-Sud et des initiatives dans des domaines clés tels que la sécurité, la stabilité, la lutte contre les changements climatiques et la migration. Le Maroc cherche à jouer un rôle actif dans la résolution des problèmes régionaux et à renforcer la résilience des pays africains face aux crises. La vision intégrationniste que le Maroc promeut à travers sa politique africaine a une portée continentale, englobant toutes les régions et va au-delà des sous-ensembles régionaux (CER) qui compartimentent l’Afrique en communautés économiques disparates et aléatoires.
Il s’agit, dans son essence, d’une approche panafricaniste revenant aux fondamentaux de l’Unité qui a présidé à la création de l’OUA (puis de l’UA). Le Maroc est l’un des rares pays qui adoptent une approche de coopération Sud-Sud renforçant les liens entre les pays en développement, notamment en Afrique subsaharienne.
Cette démarche se traduit par une présence accrue sur le continent, notamment à travers des investissements, des accords de coopération et des visites royales (d’Etat ou de travail) qui ont souvent un impact significatif, avec la signature de nombreux accords de coopération dans divers secteurs, tels que l’agriculture, l’énergie, l’éducation, la santé et les infrastructures. On estime à plus de 1000 accords de coopération conclus par le Maroc avec des pays africains au cours de ces 20 dernières années, positionnant ainsi le Royaume comme l’un des plus grands investisseurs du continent et réaffirmant son identité africaine assumée.
Les accords les plus importants du Maroc en Afrique englobent des partenariats commerciaux, des accords de promotion et de protection réciproque des investissements (APPI), plusieurs accords de libre-échange, des accords sectoriels (agriculture, industrie, santé, éducation, énergie) et des initiatives de coopération dans divers secteurs. Accompagnant les visites royales ou s’effectuant comme des actes posés pour le renforcement des liens bilatéraux, des délégations d’hommes d’affaires et de responsables d’entreprises publiques marocaines ont contribué, au cours des deux dernières décennies, à consolider le leadership économique et politique du Maroc dans le continent.





Maroc
Rwanda
Tanzanie
Éthiopie


![Tribune | La carte des fractures : le nexus séparatisme-exclusion -instabilité politique et risque terroriste [Par Pr. Hzaine El Hassane] Les derniers rapports des observatoires de la violence terroriste, ainsi qu'une enquête que nous avons menée, suggèrent deux constats : Primo, l'Afrique est toujours au centre de la carte des attentats des dix dernières années, et le terrorisme est le premier défi à la paix et à la sécurité africaine. Sans surprise, l'Afrique est la région la plus durement touchée, mais des parcours comme celui du Maroc montrent que le terrorisme n'est pas une fatalité et que l'africanité n'en est pas la cause. Secundo, le fléau terroriste est le résultat d'une combinaison de facteurs dont certains relèvent du niveau individuel (milieu familial, âge, éducation, caractère, enrôlement ou isolement, etc.) et d'autres du niveau macro national, qui est le niveau d'analyse choisi pour cet essai. Ni la pauvreté toute seule, ni la mauvaise gouvernance, ni les griefs ethniques, chacun dans son silo, n'expliquent ou ne déterminent ce phénomène : c'est une synergie, un nexus, qui fait qu'un pays bascule ou résiste.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/06/Les-chefs-des-agences-de-lutte-contre-le-terrorisme-se-reunissent-a-El-Jadida-450x253.jpg)


