Mohammed VI, 26 ans de règne. Un Maroc tourné vers l'Afrique et l'avenir.
Le Roi du Maroc, Mohammed VI, est un chef d’État mais également un dirigeant religieux. Son titre de «Commandeur des croyants» lui a permis de renforcer son influence religieuse sur le continent africain et de montrer la voie de l’islam tolérant.
L’influence grandissante du Maroc en Afrique s’explique certes par une percée économique remarquable et des accords de coopération bilatérale Sud-Sud mais également par un «soft power» religieux et une diplomatie culturelle tout aussi efficaces depuis un peu plus de deux décennies.
Dans ce pays épargné par les troubles religieux qu’a connus son voisin algérien, dans les années 90 du siècle dernier, et qui ont métastasé au Mali, en Libye et en Tunisie, les institutions du culte mises en place par le Roi Mohammed VI ou réformées par ses soins, sont nombreuses. Elles dirigent l’interprétation des textes, la diffusion du Coran, les études théologiques – psalmodie et exégèse comprises -, mais également l’influence politique de la religion comme mode de relations et de coopération avec beaucoup de pays africains.
La diplomatie religieuse et culturelle du Maroc repose sur une combinaison de facteurs : la constitution du pays reconnaît l’Islam comme religion d’État, tout en garantissant la liberté de culte. Le Maroc utilise son patrimoine culturel et religieux, notamment le rôle de «commandeur des croyants» du Roi, et sa tradition de modération religieuse, pour renforcer son influence régionale et internationale. Le pays s’est engagé, depuis quelques années, dans la formation d’imams et la promotion d’un Islam du juste milieu pour contrer l’extrémisme.
Les réformes religieuses de Mohammed VI ont été nombreuses. Il s’agissait, dans les années 2000, de réactiver la tutelle du ministère des Habous (sorte de fondation religieuse) et des Affaires islamiques sur les imams. Une tutelle sur la formation des prédicateurs, l’interprétation des textes et la séparation du religieux et du politique.
Le Roi Mohammed VI voulait, par ses multiples initiatives, ramener la pratique de la religion sur la bonne voie afin d’éviter au Maroc l’amalgame entre Islam et terrorisme qui avait provoqué la décennie sanglante en Algérie et la propagation du fondamentalisme dans les autres pays arabo-musulmans.
Vinrent ensuite les institutions affiliées au ministère de tutelle: d’abord le Conseil supérieur des oulémas, en 2009. «Nous attendons qu’ils puissent, avec l’aide et l’appui de Dieu, et avec l’efficience et la constance escomptées, mener à bonne fin la mission que nous leur avons confiée en matière de prêche, celle de la sensibilisation et de l’orientation,» déclarait alors le Roi Mohammed VI.
Ensuite, cela laissa place à la «réorganisation» de Dar Al-Hadith Al-Hassania (institution royale chargée de former des chercheurs dans le domaine des études islamiques), en la soumettant à l’Institut Mohammed VI de formation des imams morchidines et morchidates, prédicateurs chargés de l’instruction religieuse de base, d’un rang symbolique inférieur à celui d’imam.
Après la mise en place de ces institutions, dotées d’un financement colossal, dépassant celui de leur ministère de tutelle et émanant directement du Trésor royal, le Royaume se lança dans une grande opération de diplomatie religieuse tournée essentiellement vers l’Afrique.
Ainsi donc, la Fondation Mohammed VI des oulémas africains est née en 2017. On compte plus de 1500 imams de toute l’Afrique obtenant des bourses d’études au Maroc, logés, nourris et blanchis par la fondation. Parmi ces derniers, une centaine de femmes.
Toutes ces mesures sont la preuve concrète qu’aux côtés de la modernisation du Royaume, le Roi
Mohammed VI a également veillé à réserver dans sa vision du Maroc de demain, une place fondamentale à la religion, pour préserver et renforcer l’image d’un royaume moderne, prônant un islam modéré à travers lequel le Maroc valorise sa riche diversité, héritée de diverses influences (berbère, arabe, juive, africaine, européenne), et l’utilise comme un atout dans sa diplomatie culturelle.






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