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Ce deal, présenté comme « important » à Addis-Abeba, est le résultat de longues tractations qui se sont accélérées dans les tout derniers jours de l’année 2025 avec un comité de créanciers privés composé d’investisseurs institutionnels détenant plus de 45 % des euro-obligations éthiopiennes.

Pour le gouvernement éthiopien, la nouvelle année démarre avec une bouffée d’oxygène sur le traitement de la dette, bien au-delà de ses espérances. Dans un communiqué, le ministère des Finances annonce avoir conclu vendredi 2 janvier, un accord de principe avec un pool d’investisseurs sur la restructuration de l’eurobond d’1 milliard de dollars échu fin 2024, et sur lequel le Trésor éthiopien avait fait un deuxième no-show (défaut) après celui de 2023.

La crise est telle, que les réserves de change du pays ont également fondu pour se retrouver en dessous de zéro mois d’importations des biens et services à fin septembre 2025, révèle la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) dans son dernier rapport sur la politique monétaire. Ce qui signifie que pour financer ses importations, le Gabon ayant consommé sa quote-part dans la cagnotte commune des six pays de la Cemac (Cameroun, Gabon, Guinée équatoriale, République Centrafricaine, Tchad et Congo-Brazzaville), Libreville compte sur la solidarité de ses partenaires.

Le ministre des Finances gabonais, Henri-Claude Oyima, n’aura pas eu le temps de fêter le passage au nouvel an. Son patron, le Président Brice Oligui Nguema l’a limogé jeudi 1er janvier, alors que le pays est aux prises avec une pénurie sans précédent de liquidités et une accumulation des arriérés du Trésor envers ses fournisseurs et les adjudicataires des marchés publics.

La banque américaine Citigroup est le chef de file de cette opération qui porte sur l’obligation lancée en novembre, qui avait permis à Brazzaville de lever 670 millions de dollars, sa première émission de ce type depuis près de vingt ans ! Le titre, assorti d’un coupon de 9,875 % et à échéance novembre 2032, prévoit un remboursement du principal en cinq tranches annuelles égales à partir de 2028. La réouverture permet de lever des ressources additionnelles sur cet instrument existant, les nouveaux titres étant placés au prix du marché, afin de tirer parti de l’intérêt suscité par l’émission initiale, d’améliorer la liquidité du titre et de limiter les coûts de transaction.

Un mois après son retour sur les marchés financiers internationaux, Brazzaville remet le couvert. Le ministère des Finances a annoncé mardi 16 décembre, la réouverture de l’obligation souveraine émise en novembre 2025, pour un montant additionnel de 260 millions de dollars, signe de la volonté du gouvernement de s’inscrire durablement dans une stratégie de financement externe, malgré un profil de crédit jugé fragile par les agences de notation.

Des analystes interrogés par Reuters ont indiqué qu'il était inhabituel que des prêts à si court terme soient proposés à des taux aussi bas. Selon eux, «cela reflète des inquiétudes quant à la capacité du Sénégal à rembourser à court terme ses emprunts, même ceux de faible envergure.» Le Sénégal est confronté à une crise de la dette après la découverte de plus de 11 milliards de dollars de dettes «non déclarées» sous Macky Sall, ce qui porte le ratio dette/PIB à plus de 119 % et pousser le Fonds monétaire international (FMI) à suspendre le programme de prêts de 1,8 milliard de dollars.

Les prêts commerciaux à court terme du Sénégal sont proposés avec des décotes importantes, ont relevé des professionnels à la City, soulignant les inquiétudes quant à la capacité de Dakar à honorer ses obligations financières. Les prêts en euro du Sénégal arrivant à échéance dès février 2026 font actuellement l'objet de discussions sur le marché à un taux égal ou inférieur à 80 centimes d'euro.

Selon la Commission bancaire de la Cemac, l'encours des créances dites «compromises» atteint 2.024 milliards FCFA fin 2024, soit 144 milliards de plus que l’année précédente et une progression de 7,7 %. Rapportées à l'ensemble de la production annuelle de crédits (12.501 milliards FCFA), elles représentent 16,2 % ! Au sein de cette catégorie, ce sont les créances en souffrance qui représentent la plus grosse part. Au sens de la réglementation, les créances en souffrance regroupent les crédits dont trois échéances n’ont pas été honorées depuis 120 jours et la probabilité de remboursement devient faible. Elles totalisent 1.536 milliards FCFA en 2024, contre 1 445 milliards un an plus tôt, soit une progression de 91 milliards (+6,3 %). Elles représentent 12,2 % de l’encours des crédits.

La Commission bancaire de l'Afrique centrale (Cobac), l’organe de supervision du secteur bancaire, lance une alerte dans son rapport d’activité 2024 sur la montée en flèche de créances en souffrance dans la sous-région de la CEMAC ( la zone est composée de six pays de l’Afrique centrale ayant en commun l’usage du franc CFA- Cameroun, Tchad, Gabon, Guinée équatoriale, Congo-Brazzaville et la République Centrafricaine).

Après le succès de l’actionnariat populaire (APEC) et la montée en puissance du Fonds de soutien patriotique (FSP), le gouvernement burkinabè dégaine une nouvelle arme économique : les «Diaspora Bonds.» Ce mécanisme innovant ne se contente pas de capter des fonds ; il transforme chaque Burkinabè de l’extérieur en un investisseur direct de la reconstruction nationale.

Malgré un contexte marqué par des défis sécuritaires et humanitaires, l’État burkinabè affiche une performance budgétaire notable en 2025. À fin septembre, le gouvernement a mobilisé plus de 2 500 milliards FCFA de ressources et consacré près de 1 200 milliards FCFA, environ 1,83 milliard d’euros, au règlement de la dette intérieure. Un effort crucial pour soutenir la relance de l’économie nationale.

Cette nouvelle levée de fonds intervient après trois opérations d’appel public à l’épargne ayant permis de mobiliser 1 220 milliards FCFA du cours de cette année. Avec cette quatrième opération de 400 milliards de francs, le Sénégal devrait franchir le seuil de 1.600 milliards FCFA mobilisés en 2025 via les appels publics à l’épargne, un niveau inédit sur le marché régional. Sur l’autre compartiment du marché, UMOA-Titres, plus de 1.978 milliards FCFA ont déjà été levés cette année par le Trésor sénégalais.

Le Trésor sénégalais vient d’émettre un appel public à l’épargne (2 au 22 décembre), portant sur 400 milliards francs CFA, soit 710,20 millions de dollars, la plus importante opération jamais lancée par le Trésor. Structurée autour de quatre maturités (3, 5, 7 et 10 ans) et de taux compris entre 6,40 % et 6,95 %, cette opération s’inscrit dans une stratégie de gestion active de la dette, au moment où Dakar fait face au mur de la dette extérieure dont le service pèse lourdement sur le budget de l’Etat.