Un mois après son retour sur les marchés financiers internationaux, Brazzaville remet le couvert. Le ministère des Finances a annoncé mardi 16 décembre, la réouverture de l’obligation souveraine émise en novembre 2025, pour un montant additionnel de 260 millions de dollars, signe de la volonté du gouvernement de s’inscrire durablement dans une stratégie de financement externe, malgré un profil de crédit jugé fragile par les agences de notation.
La banque américaine Citigroup est le chef de file de cette opération qui porte sur l’obligation lancée en novembre, qui avait permis à Brazzaville de lever 670 millions de dollars, sa première émission de ce type depuis près de vingt ans ! Le titre, assorti d’un coupon de 9,875 % et à échéance novembre 2032, prévoit un remboursement du principal en cinq tranches annuelles égales à partir de 2028. La réouverture permet de lever des ressources additionnelles sur cet instrument existant, les nouveaux titres étant placés au prix du marché, afin de tirer parti de l’intérêt suscité par l’émission initiale, d’améliorer la liquidité du titre et de limiter les coûts de transaction.
L’activisme de Brazzaville sur les marchés financiers n’est pas sans risque. Sur le marché secondaire, l’eurobond congolais à échéance 2032, négocié notamment sur des plateformes européennes, se traite autour de 89 % du nominal, une décote qui traduit la prudence des investisseurs et implique un rendement nettement supérieur au coupon facial de 9,875 %.
En novembre dernier, l’émission obligataire du Trésor congolais avait été perçue comme un test grandeur nature du retour du pays sur le marché international, après plusieurs années de restructurations de dette et de négociations avec ses créanciers. Malgré une notation souveraine spéculative -CCC+ chez Fitch et S&P Global Ratings- l’opération avait trouvé preneur, portée par la quête de rendement d’investisseurs dans un environnement mondial encore marqué par des taux élevés. La réouverture que vient d’annoncer le ministère des Finances congolais s’inscrit dans le prolongement de cette dynamique. Selon le gouvernement, elle témoigne d’un «intérêt international réaffirmé» pour la signature congolaise. Les autorités y voient un signal de confiance dans la trajectoire économique du pays, alors que celui-ci cherche à stabiliser ses équilibres budgétaires et à lisser son profil d’endettement.
Les fonds levés lors de cette réouverture doivent servir principalement à refinancer une partie de la dette intérieure de marché arrivant à échéance entre janvier et février 2026. Un enjeu clé pour Brazzaville, confrontée à des besoins de trésorerie élevés et à un marché domestique sous-régional encore peu profond. « Cette réouverture reflète la discipline et l’agilité qui guident notre stratégie de gestion de la dette publique », a déclaré le ministre des Finances, Christian Yoka, cité par notre confrère Ecofin.











