Pionnier en Afrique sur l’adoption de crypto-actifs, le Nigeria s’apprête à passer à la vitesse supérieure : se doter d’une régulation des stablecoins, ces jetons numériques indexés sur les grandes devises internationales, et perçus comme plus stables
Le gouverneur de la Central Bank of Nigeria, Olayemi Cardoso veut aller vite : au détour d’une intervention aux assemblées générales Banque mondiale/FMI, il a annoncé la mise en place d’un groupe de travail dédié pour en étudier les modalités d’adoption.
Outre la Banque centrale, siégeront dans ce groupe, le ministère des Finances et d’autres institutions publiques pour «approfondir l’analyse des implications économiques et réglementaires» de stablecoins.
Ces actifs numériques, adossés à des devises ou à des matières premières, suscitent un intérêt croissant dans les économies émergentes. «Il s’agit d’accompagner le développement des technologies financières, tout en préservant la confiance et la stabilité,» fait remarquer le gouverneur de la Banque du Nigeria. Pour les autorités monétaires, la réflexion sur les stablecoins est la suite «normale» de la modernisation du système de paiement du pays, l’un des foyers des fintechs et des plateformes numériques sur le continent.
Cette initiative pourrait permettre de définir les conditions d’émission, de conversion et de supervision des stablecoins sur le marché nigérian, et renforcer la capacité de la Banque centrale à encadrer ces flux de capitaux numériques. Car le phénomène des cryptos chez le géant africain n’est pas marginal : le pays figure parmi les économies les plus avancées en matière d’adoption crypto dans le monde. Entre juillet 2023 et juin 2024, 59 milliards de dollars en transactions crypto ont été traités au Nigeria, ce qui positionne le pays deuxième mondial derrière l’Inde.
Et plus spécifiquement, les stablecoins jouent un rôle majeur : ils représentaient en 2024 environ 40 % du marché crypto nigérian, voire environ 43 % des transactions grand public inférieures à 1 million de dollars US. Un rapport indique que près de 22 millions de Nigérians, soit environ 10,3 % de la population, détiendraient ou utiliseraient des cryptomonnaies.





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