La banque centrale du Nigeria a maintenu son taux directeur à 27,5 % (c’est dix fois celui du Maroc) pour la troisième fois consécutive cette année, s’engageant à maintenir sa politique actuelle jusqu’à ce que les risques d’inflation diminuent sensiblement. A fin juin, l’inflation s’élevait à 22,2% contre 22,97% le mois précédent. On est loin d’une hyperinflation de 34,8% affichée en 2023, plongeant dans le sillage le cours de la monnaie nationale (naira)
Il n’en fallait pas plus pour que le gouverneur de la Banque centrale, Olayemi Cardoso, se «réjouisse du recul de l’inflation» en justifiant la décision du Comité de politique monétaire, chargé de fixer les taux ainsi que la poursuite de la politique de désinflation. «Le maintien de la politique monétaire actuelle permettra de continuer à répondre à la pression inflationniste existante et émergente,» a déclaré le gouverneur de la banque centrale, ajoutant que l’objectif était de ramener l’inflation à un chiffre.
La plupart des économistes interrogés par Reuters avaient prédit que la banque centrale maintiendrait son principal taux directeur inchangé après l’avoir augmenté six fois en 2024 pour lutter contre la surchauffe des prix à la consommation. Cardoso a déclaré que la baisse de l’inflation en juin était en grande partie due à la modération des prix de l’énergie et à la stabilité du marché des changes.
«Malgré ces évolutions positives, les membres du Comité de politique monétaire ont relevé une hausse de l’inflation mensuelle, suggérant la persistance des pressions sous-jacentes sur les prix et les incertitudes mondiales persistantes.» Pour lui, les guerres tarifaires déclenchées par les Etats-Unis et les tensions géopolitiques alimentent les pressions sur les prix.
Le lendemain de la réunion du Comité de politique monétaire, (ndlr : mercredi 23 juillet), le Sénat nigérian a approuvé le plan du président Bola Tinubu pour un emprunt extérieur de plus de 21 milliards de dollars afin de combler les déficits du budget 2025, a déclaré mardi soir un haut législateur.
L’approbation comprend également des prêts de 4 milliards d’euros (4,7 milliards de dollars) et de 15 milliards de yens (102,26 millions de dollars), une subvention de 65 millions de dollars ainsi que des emprunts libellés en dollars à hauteur de 2 milliards de dollars sur le marché intérieur. Ces ressources sont destinées aux infrastructures, à la santé, à l’éducation, à la sécurité et au logement.





Nigeria





