Abuja annonce une énième réforme visant à lutter contre les déperditions et les détournements de la rente pétrolière du pays. Dans un communiqué, le Président Bola Ahmed Tinubu a annoncé la signature d’un décret pour mettre fin aux mécanismes de prélèvements multiples qui réduisaient, selon lui, les ressources réellement versées au budget fédéral
Présentée comme une mesure de «justice économique,» la réforme ambitionne de réorganiser le millefeuille des circuits financiers régissant la répartition des revenus pétroliers, un sujet très sensible chez le géant ouest-africain. La structure de collecte et de redistribution des revenus pétroliers fait l’objet de critiques récurrentes : elle est accusée d’entretenir une opacité budgétaire, en plus de son inefficience administrative et des pertes de recettes pour le budget fédéral et les Etats fédérés.
Le décret présidentiel, publié mercredi 18 février, institue un schéma simple et lisible, selon le gouvernement. L’ensemble des revenus issus du pétrole et du gaz devra désormais être versé directement au Compte de la Fédération avant toute réaffectation. Sont concernés les redevances pétrolières, les taxes, les profits tirés des hydrocarbures ainsi que les revenus issus des contrats de partage de production. Deux mécanismes particulièrement controversés passent à la trappe. Les frais de gestion supplémentaires de 30% et la déduction équivalente destinée à l’exploration en zones frontalières ne pourront plus être appliqués avant le transfert des recettes publiques. Pour le chef de l’Etat nigérian, ces dispositifs constituaient des obstacles structurels au financement du développement. «Lorsque les recettes publiques sont bloquées par une multitude de mécanismes de retenue, le développement en pâtit,» a-t-il affirmé.
Sécuriser les ressources du budget fédéral
La réforme clarifie le positionnement institutionnel de la compagnie pétrolière nationale, NNPC Limited. Désormais, la société fonctionnera exclusivement comme une entreprise commerciale, et elle ne peut plus prétendre à un «dépassement de fonction» en se mêlant à la gestion des finances publiques ou à une mission de régulation comme par le passé. Cette clarification vise à renforcer la transparence et la responsabilité fiscale dans un secteur vilipendé pour son manque de lisibilité. «L’ère des déductions en double et d’un contrôle fragmenté est révolue,» prévient Bola Tinubu qui sait qu’il va se heurter à des résistances au sein de l’appareil de l’Etat.
Abuja cherche à sécuriser les ressources pour financer les dépenses stratégiques notamment la sécurité, l’éducation, la santé en plus de la stabilisation économique. La centralisation des flux financiers devrait améliorer la prévisibilité budgétaire et renforcer la capacité d’investissement de la Fédération, martèle le chef de l’Etat nigérian.





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