Après avoir remporté la bataille contre l’inflation galopante, la banque centrale du Nigeria – Central Bank of Nigeria (CBN)- continue sa stratégie d’assouplissement monétaire. Elle a abaissé son taux directeur de 50 points de base, à 26,5%
Son gouverneur, Olayemi Cardoso, justifie la décision : «la décision du Comité de politique monétaire s’est fondée sur une évaluation équilibrée des risques pesant sur les perspectives, qui laissent penser que la trajectoire désinflationniste actuelle se poursuivrait.»
Pour le patron de la Réserve fédérale nigériane, la transmission différée des mesures de resserrement monétaire précédentes, la stabilité durable du taux de change et l’amélioration de l’approvisionnement alimentaire ont permis de contenir les pressions inflationnistes. L’inflation a ralenti à 15,10 % en glissement annuel en janvier 2026. C’est 2,5 fois moins qu’en 2024.
Retour de l’embellie dans le climat des affaires
L’assainissement du cadre macroéconomique rejaillit sur le climat des affaires et le moral des investisseurs. La devise nationale, le naira, s’est apprécié sur le marché des changes. Il s’échange autour de 1.348 nairas pour un dollar. Conjuguée à l’envolée de la Bourse, cette éclaircie profite aux milliardaires du pays en dopant leurs participations dans les entreprises.
La capitalisation de la Bourse de Lagos a atteint près de 93,1 milliards de dollars US après avoir enregistré des gains de 25 000 milliards de nairas en deux mois. Cette dynamique a généré d’importants gains latents pour les principaux actionnaires. En première ligne, Aliko Dangote.
Les capitaines d’industrie se frottent les mains
L’industriel dont l’empire s’étend du ciment au raffinage pétrolier, a vu sa fortune progresser de 1,84 milliard de dollars US depuis janvier, pour franchir le cap des 32 milliards de dollars US. La montée en régime de sa gigantesque raffinerie, conjuguée à la bonne tenue du naira, a renforcé la valorisation de ses actifs. Il devient ainsi le premier entrepreneur du Continent à franchir le seuil des 32 milliards de dollars, estime notre confrère Ecofin.
Même dynamique pour Abdul Samad Rabiu, patron du groupe BUA. Son entreprise agroalimentaire BUA Foods, dont il détient 92,6 % du capital, est devenue la société la plus valorisée de la Bourse de Lagos, avec une capitalisation évaluée à 15.200 milliards de nairas. Sa fortune a ainsi progressé de 2,33 milliards de dollars US depuis janvier, à 12,5 milliards de dollars US.
Pour Femi Otedola, investisseur influent et quatrième fortune du pays, la dynamique monétaire pourrait se poursuivre. Il estime qu’un naira sous la barre des 1000 pour 1 dollar d’ici la fin de l’année est envisageable, ce qui représenterait une appréciation de plus de 25 %. Une telle évolution renforcerait encore la valeur en devises des actifs domestiques.





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