Le solde net migratoire a été négatif l’an dernier pour la première fois depuis un demi-siècle, estime un rapport de la Brookings Institution. Une bascule qui aura des conséquences sur l’économie américaine.
En pleine polémique concernant les méthodes musclées de l’ICE, la police de l’immigration américaine, Donald Trump peut se frotter les mains. Pour la première fois depuis au moins cinquante ans, le solde migratoire des Etats-Unis a été négatif en 2025, selon un rapport publié mardi par la Brookings Institution. Le nombre de personnes ayant quitté le pays, de gré ou de force, a été supérieur à celui des immigrants qui y sont entrés, relève cette étude. Une victoire pour le président républicain qui a fait de la lutte contre l’immigration illégale un cheval de bataille.
Alors que depuis 2020, l’immigration nette était positive, avec un pic à 3,4 millions de personnes supplémentaires entrées aux Etats-Unis en 2023, «la première année du second mandat de Trump a été marquée par des changements radicaux dans la politique d’immigration, entraînant un net ralentissement de la migration nette vers les Etats-Unis », écrivent les auteurs du rapport. En 2025, le solde net migratoire est estimé entre -10.000 et -295.000 personnes, d’après leurs estimations.
Des expulsions stables en 2025
Entre 67.000 et 70.000 immigrants auraient franchi légalement (essentiellement via une demande d’asile) la frontière américaine l’année dernière, contre 1,41 million en 2024. L’immigration illégale, elles, se chiffrerait plutôt entre 22.000 et 39.000 personnes, contre près de 270.000 en 2024. En revanche, «avec 310.000 à 315.000 expulsions, le nombre de personnes expulsées en 2025 n’est guère supérieur à celui de 2024, qui s’élevait à environ 285.000,» relèvent les auteurs du rapport. Leur profil était toutefois différent : en 2024, les renvois étaient fréquemment réalisés depuis la frontière, quand ils sont désormais la conséquence des descentes de police dans les villes.
Le rapport estime par ailleurs qu’entre 210.000 et 405.000 personnes «ont quitté volontairement le pays en 2025, au-delà de ce qui aurait été normalement prévu sans mesures coercitives.» Le CBO, un outil de prévision rattaché au Congrès et transpartisan, tempère ce chiffre et estime que le solde migratoire net est resté positif l’an dernier, à 400.000 personnes.
Poursuite en 2026
Selon le rapport, il est «probable» que l’histoire se répète cette année, malgré le «fort degré d’incertitude politique.»Pour 2026, «nous anticipons une poursuite de la baisse des immigrations, notamment en raison de l’élargissement, au 1er janvier, de la liste des pays soumis à des interdictions de voyage totales ou partielles, et du renforcement des contrôles et des formalités administratives,» notent les auteurs de l’étude. Mercredi,14 janvier, les Etats-Unis ont d’ailleurs annoncé leur décision de suspendre l’examen de toutes les demandes de visas en provenance de 75 pays.
De telles statistiques auront sûrement «des conséquences importantes sur la macroéconomie» américaine. «Ces dernières années, la croissance de la population active née aux Etats-Unis a été faible, et la quasi-totalité de la croissance de la population active est imputable aux flux migratoires,» insistent les auteurs de l’étude.
Ils observent un ralentissement de la croissance démographique outre-Atlantique, où la part des seniors dans la population augmente d’année en année. Elle était de 12,4 % en 2007, de 17,9 % en 2024 et devrait atteindre 21,2 % d’ici à 2035. Parallèlement, la croissance de la population active n’a été, en moyenne, que de 0,5 % à 0,6 % par an depuis 2007, alors qu’elle atteignait 1,8 % par an entre 1948 et 1979.
Impact sur la croissance
Dans ces conditions, une baisse de l’immigration pourrait entraîner une croissance plus faible de l’emploi, du PIB et des dépenses de consommation, mettent en garde les auteurs, rappelant au passage que «les immigrants fournissent à la fois de la main-d’oeuvre et génèrent une demande de biens et de services.»
Pour eux, la réduction de l’immigration devrait affaiblir les dépenses de consommation d’environ 60 à 110 milliards de dollars sur la période 2025-2026, et la croissance mensuelle de l’emploi «pourrait être négative en 2026.» «Dans notre scénario de faible immigration, la croissance mensuelle annuelle devrait se situer en moyenne entre -20.000 et + 20.000 emplois,» écrivent-ils.
Dans ce même cas, les Etats-Unis subiraient une baisse de 0,26 point de PIB en 2025, puis 0,32 en 2026. N’en déplaise à Donald Trump.
Source : Les Échos





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