Dans l’accord de paix et de coopération économique que les Etats-Unis promeuvent actuellement entre la RDC et le Rwanda, Washington a prévenu Kigali qu’il «ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.» La Maison Blanche conditionne en effet la signature de tout deal au retrait de tous les soldats rwandais de provinces du Nord et du Sud-Kivu à l’est de la République démocratique du Congo (RDC) selon «des sources proches du dossier» citées par l’agence Reuters. Une condition qui sonne comme un camouflet pour le régime rwandais et qui fait voler en éclats ses explications de son soutien au groupe armé M23

Un projet d’accord de paix élaboré par les Américains consulté par Reuters, stipule qu’une condition de signature est le retrait des troupes, des armes et du matériel rwandais du Congo. L’authenticité du document a été confirmée par quatre sources diplomatiques, qui ont affirmé qu’il avait été rédigé par des responsables américains, indique l’agence Reuters.
Le projet va au-delà d’une déclaration de principes signée par les ministres des Affaires étrangères des deux pays lors d’une cérémonie à Washington en avril avec le Secrétaire d’Etat américain Marco Rubio. Ce document stipulait que les deux parties répondraient à toute préoccupation de sécurité dans le respect de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de l’autre. Selon les estimations de l’ONU, le Rwanda a déployé entre 7.000 et 12.000 soldats dans l’est du Congo pour soutenir le mouvement dit «M23.»
L’administration Trump mène des négociations pour mettre fin aux combats dans les provinces du Kivu et y attirer des milliards de dollars d’investissements dans la région riche en minéraux stratégiques, notamment le tantale, l’or, le cobalt, le cuivre et le lithium. Massad Boulos, conseiller principal de Donald Trump pour l’Afrique a déclaré en mai dernier que Washington souhaitait qu’un accord de paix soit finalisé «dans environ deux mois,» un calendrier ambitieux pour résoudre un conflit dont les racines remontent au génocide de tutsis en 1994.
Kinshasa prévient : aucun compromis sur le retrait des soldats rwandais
Le Rwanda n’avait pas encore répondu au projet d’accord élaboré par Washington. Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a déclaré à Reuters que des experts du Congo et du Rwanda se réuniraient cette semaine à Washington pour discuter de l’accord. A Kinshasa, un haut responsable du cabinet du président Félix Tshisekedi a accusé le Rwanda de «traîner les pieds» sur le projet et a déclaré que «le retrait du Rwanda était nécessaire pour que le processus de paix avance.»
«Nous exigeons le retrait total des troupes rwandaises comme condition préalable à la signature de l’accord, et nous ne ferons aucun compromis,» a déclaré la source citée par Reuters.
Le projet d’accord élaboré par les Etats-Unis prévoit également un «mécanisme conjoint de coordination de la sécurité» qui pourrait inclure du personnel d’observation militaire rwandais et étranger pour traiter des questions de sécurité, notamment la présence continue au Congo de milices hutues rwandaises. Les analystes affirment que le groupe le plus souvent cité, les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda, ne représente plus une menace réelle pour le Rwanda, même si le gouvernement du président Paul Kagame le décrit toujours comme une menace sérieuse.
Le projet d’accord stipule également que le Congo devrait s’engager à permettre au M23 de participer à un dialogue national «sur un pied d’égalité avec les autres groupes armés non étatiques de la RDC,» une concession importante pour Kinshasa, qui considère le M23 comme un groupe terroriste et une marionnette du Rwanda.





République démocratique du Congo
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