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Risque souverain : ça craint pour les pays pauvres !

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« Nous vivons une époque dangereuse », s’inquiétaient deux économistes du Fonds monétaire international la semaine dernière.

Leur crainte comme celle des institutions internationales ? Qu’une crise financière emporte avec elle les pays les plus fragiles de la planète. Croissance revue à la baisse, inflation qui flambe, accumulation de dette et taux d’intérêt qui remontent : ce tableau a tout d’un cocktail explosif, un cocktail Molotov.

Lundi dernier, le président de la Banque mondiale, David Malpass, a annoncé, à l’occasion du lancement des réunions de printemps, préparer un paquet d’aides de 170 milliards de dollars pour aider les pays à faire face aux multiples crises, dont la crise alimentaire et humanitaire provoquée par la guerre en Ukraine.

Pour les pays pauvres, l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe est un deuxième choc d’offre après le Covid-19. Ces pays, qui ne sont pas producteurs de matières premières, vont souffrir», note François Faure, économiste chez BNP Paribas interrogé par notre confrère Les Echos.

Déjà, le Sri Lanka a fait défaut. D’autres pays pourraient suivre, s’alarme le FMI. La hausse des prix alimentaires atteint 50 % depuis début 2021, alors que l’alimentation représente jusqu’à 60 % de la consommation des ménages dans les pays à faible revenu, qui seront confrontés à des besoins humanitaires avec des finances contraintes. Au Pakistan, au Nigeria et au Ghana, les intérêts de la dette représentent plus de la moitié des recettes fiscales, selon l’agence S&P Global Ratings. Autre chiffre : les taux d’intérêt payés par les pays émergents importateurs nets de produits agricoles atteignent en moyenne 6,8 % selon l’ONU, soit 200 points de base de plus que les pays exportateurs de produits agricoles. Et la hausse des taux d’intérêt américains, qui a déjà commencé, va fatalement s’amplifier et renchérir les coûts de financement des pays en développement. Des pays comme le Kenya et l’Egypte, endettés à court terme, doivent par exemple refinancer près d’un tiers de leur dette cette année.

Fragilisée par l’assèchement de réserves de change, la Tunisie pourrait être le prochain pays à faire défaut, faute d’accord avec le FMI. Le Ghana est en difficulté. «L’Egypte est vulnérable, ses coûts de financement et donc sa charge de la dette s’étant nettement dégradés récemment. Cependant, le pays continuera probablement à être soutenu par les pays du Golfe», tempèrent des analystes. Mais tout le monde n’a pas la chance d’avoir des généreux mécènes à sa porte.

 

 

 

 

 

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