PROJET. L’objectif est de fabriquer d’ici début 2024 des traitements contre le Covid-19 et d’autres maladies à destination de millions d’habitants du continent.
30 000 mètres carrés de terrain, deux conteneurs modulaires de production de vaccins et une capacité annuelle de 50 millions de doses. Voilà pour les ambitions. L’usine installée par le laboratoire pharmaceutique allemand BioNTech dans la capitale rwandaise Kigali est la première de trois prévues sur le continent africain. « Cette inauguration est une étape historique vers l’équité en matière de vaccins », a déclaré le président rwandais Paul Kagame lors d’une cérémonie en présence du chef de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, du chef de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, et d’autres hauts.
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Inégalités vaccinales
L’Afrique est le continent le moins vacciné au monde contre le Covid-19, avec moins de 20 % de ses 1,2 milliard d’habitants ayant reçu deux doses de vaccin. Jusqu’à présent, seuls Maurice et les Seychellesont vacciné 70 % de leur population. Le Rwanda devrait atteindre cet objectif d’ici la fin juin. La pandémie a révélé l’énorme dépendance de l’Afrique aux vaccins importés et son retard technologique par rapport à l’Europe, à la Chine et aux États-Unis. « La meilleure façon de lutter contre les inégalités est de mettre les outils entre les mains de ceux qui en ont le plus besoin », a affirmé Tedros Adhanom Ghebreyesus.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le chancelier allemand Olaf Scholz ont participé à la cérémonie par liaison vidéo. « Aujourd’hui, une base essentielle a été posée pour que de nombreuses personnes puissent bénéficier de cette bénédiction des vaccins à l’avenir », a déclaré Olaf Scholz. « Et, si les projets de BioNTech sont réalisés, l’approvisionnement de l’Afrique en vaccins dont l’Afrique a un besoin urgent s’améliorera considérablement. »
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Des vaccins pour les Africains
BioNTech a indiqué qu’elle prévoyait d’employer une centaine de Rwandais une fois l’usine opérationnelle et de les former à la fabrication de plusieurs nouveaux vaccins utilisant la dernière technologie d’ARNm. « L’idée est vraiment que […] les vaccins pour les Africains soient produits sur le continent africain », a souligné à l’AFP le PDG de BioNTech, Ugur Sahin. Il a assuré que la technologie déployée au Rwanda – et qui le sera plus tard dans des usines en Afrique du Sud et au Sénégal – garantit que les vaccins seront produits « avec la même qualité que partout ailleurs ». « Pourquoi les Africains n’auraient-ils pas accès aux produits pharmaceutiques les plus modernes et les plus efficaces ? Il n’y a aucune raison à cela », a-t-il ajouté.
La production concernera des vaccins contre le Covid, mais aussi des traitements pionniers actuellement en phase de développement contre le paludisme, la tuberculose et le VIH, maladies qui font des ravages en Afrique. Les essais sur l’homme d’un vaccin antipaludique BioNTech utilisant la technologie de l’ARNm devraient commencer fin 2022.
Source : Le Point Afrique


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