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Sanctions de la CEDEAO et l’UEMOA : Le Mali condamne et rejette

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Après l’annonce des dures sanctions économiques, financières et politiques issues du sommet des instances sous-régionales prévoyant un gel des comptes et un isolement du Mali, le gouvernement a décidé d’aller au bras de fer.

Le Président de la Transition au Mali, Assimi Goïta

C’est sur le média d’Etat après 00h GMT que le porte-parole du gouvernement le lieutenant-colonel Abdoulaye Maiga s’est exprimé suite aux sanctions. 
D’emblée,  il évoque des mesures qui « contrastent » avec les efforts entrepris par son équipe et condamne les mesures prises par l’UEMOA et la CEDEAO, dénonçant leur manque de solidarité. L’embargo économiques a été qualifié de « violation du traité »  des deux institutions en plus du gel des avoirs du Mali qui ne saurait être appliqué par la Banque commune (BCEAO) où chaque État émet souverainement.

Abdoulaye Maïga, le ministre de l’Administration territoriale a déploré l’instrumentalisation des instances sous-régionales par des « puissances extra-régionales aux desseins inavoués » ,en faisant allusion à la France. 
Une riposte sera annoncée « dans les heures à venir » suite aux sanctions contestées,  qualifiées d’inhumaines alors même que la crise sécuritaire et sanitaire du Covid-19 continue de sévir. Suite à l’éventuelle activation de la force militaire en attente, le responsable du gouvernement malien invite la population et l’armée à la mobilisation et à la vigilance. 
Au nom de la réciprocité,  le Mali a décidé de fermer ses frontières terrestres et aériennes avec la CEDEAO et rapelle ses ambassadeurs accrédités. L’approvisionnement du pays par tous les moyens appropriés à été garanti même si le ton est monté sur une chose : le gouvernement de transition statuera sur sa participation aux instances en tirant toutes les conséquences des conclusions du sommet d’Accra. Autrement dit, le Mali pourrait quitter le FCFA. On en saura plus lors du conseil des ministres extraordinaire prévu sur la question.

Ci-après, la liste des sanctions imposées au Mali :

A l’issue de la rencontre d’Accra, les chefs d’Etat de la CEDEAO ont décidé des sanctions dont voici la teneur :
a) Fermeture des frontières terrestres et aériennes entre les pays de la CEDEAO et le Mali ;
b) Suspension de toutes les transactions commerciales entre les pays de la CEDEAO et le
Mali, à l’exception des produits suivants : biens de consommation essentiels, produits pharmaceutiques, les fournitures et équipements médicaux, y compris le matériel pour le contrôle du Covid-19, produits pétroliers et électricité ;
c) Gel des avoirs de la République du Mali dans les Banques Centrales et Commerciales de la CEDEAO ;
d) Suspension du Mali de toute aide financière des institutions financières de la CEDEAO (BIDC et BOAD) ;
Ces sanctions seront appliquées immédiatement et resteront en vigueur.

Les sanctions ne seront progressivement levées qu’après la finalisation d’un chronogramme acceptable et convenu et le suivi de progrès satisfaisants réalisés dans la mise en œuvre du chronogramme des élections.

9. Par ailleurs, compte tenu de l’impact potentiellement déstabilisateur sur le Mali et sur la région, créé par cette transition au Mali, l’Autorité décide d’activer immédiatement la Force en Attente de la CEDEAO, qui devra être prête à toute éventualité.
10. La Conférence appelle l’Union africaine, les Nations Unies et les autres partenaires à soutenir le processus d’application de ces sanctions et à continuer d’apporter leur soutien à une transition politique acceptable ;
11. Malgré le démenti du gouvernement de transition malien, l’Autorité reste profondément préoccupée par le rapport cohérent sur le déploiement d’agents de sécurité privée au Mali avec son impact potentiellement déstabilisateur sur la région de l’Afrique de l’Ouest. L’Autorité note que cette situation est étroitement liée à la transition politique au point mort dans le pays ;
12. Les chefs d’État et de gouvernement expriment leur profonde gratitude à S. Exc. Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, Président de la République du Ghana et Président de l’Autorité des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, pour son leadership dans la réussite du Sommet.
Fait à Accra, ce 9 janvier 2022

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