Le géant sud-africain Standard Bank est en pourparlers avancés pour racheter NCBA Group, l’un des principaux établissements financiers du Kenya. Une opération stratégique qui pourrait faire émerger le troisième plus grand prêteur du pays et renforcer considérablement l’ancrage de Standard Bank en Afrique de l’Est
Standard Bank, première banque africaine en termes d’actifs, cherche à frapper un grand coup sur le marché bancaire kényan. Selon des sources proches du dossier citées par Bloomberg ce mardi 14 octobre 2025, la banque sud-africaine est en discussions avancées pour acquérir NCBA Group, acteur majeur du paysage financier kényan.
Les négociations sont menées par Stanbic Holdings Plc., la filiale kényane de Standard Bank, qui aurait déjà reçu le feu vert de sa maison-mère pour entamer les démarches officielles. Si l’opération aboutit, elle donnerait naissance au troisième plus grand établissement bancaire du Kenya, avec des actifs combinés estimés à 1,1 trillion de shillings kényans (soit environ 8,5 milliards de dollars US).
Une stratégie annoncée de longue date
Cette tentative de rachat ne relève pas du hasard. Elle s’inscrit dans une stratégie de croissance régionale annoncée dès 2023 par Patrick Mweheire, directeur régional de Standard Bank pour l’Afrique de l’Est.
Basée à Johannesburg, Standard Bank détient 75 % de Stanbic Holdings, dont les actifs s’élevaient à 473,70 milliards KSh fin juin 2025. La filiale a toutefois connu un léger recul de performance, avec un bénéfice net en baisse de 9 % à 6,50 milliards KSh sur la même période.
NCBA, un acteur incontournable du secteur
De son côté, NCBA Group n’est pas un petit joueur. Né en 2019 de la fusion entre NIC Bank et Commercial Bank of Africa, le groupe affiche une santé robuste. À la fin du premier semestre 2025, ses actifs atteignaient 662,9 milliards KSh, pour un bénéfice net de 11 milliards KSh, en hausse de 12,6 % sur un an.
Le groupe est coté à la Bourse de Nairobi et détenu à près de 49 % par la famille Kenyatta, l’une des dynasties les plus influentes du pays.
Une consolidation sectorielle en marche
Cette possible fusion intervient dans un contexte de recomposition accélérée du paysage bancaire kényan, marqué ces dernières années par une série de fusions et acquisitions. Le secteur, désormais plus compétitif, représente un enjeu stratégique majeur pour les groupes régionaux en quête de taille critique.
Avec cette opération, Standard Bank se positionnerait comme un concurrent sérieux des deux mastodontes locaux : Equity Group et KCB Group, leaders incontestés du marché kényan.
Objectif Éthiopie : une expansion ciblée
Au-delà du Kenya, Standard Bank affiche de fortes ambitions régionales, notamment en Éthiopie. Présente dans cinq pays d’Afrique de l’Est – Kenya, Ouganda, Tanzanie, RDC et Éthiopie (où elle possède un bureau de représentation) –, la banque prévoit de demander une licence bancaire complète à Addis-Abeba, profitant de l’ouverture récente du secteur bancaire éthiopien aux capitaux étrangers.





Afrique du Sud





