Le président sénégalais, qui présidait la réunion mercredi 12 octobre du Conseil des ministres, a évoqué le renforcement de la souveraineté alimentaire, rappelant son option d’intégrer le volet souveraineté alimentaire aux missions et à l’intitulé du ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural.
Les lourds impacts de la guerre en Ukraine sur l’économie mondiale, notamment en termes de flambée des prix des produits de base, montrent que la question de la souveraineté ou l’autosuffisance alimentaire des pays est désormais au cœur des priorités des pouvoirs publics.
Les pays de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel en particulier subissent de plein fouet les conséquences de la crise russo-ukrainienne compte tenu de la forte dépendance de cette région aux importations de denrées. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), 7 à 10 millions de personnes supplémentaires en Afrique de l’Ouest pourraient souffrir d’insécurité alimentaire, due en particulier à la guerre russo-ukrainienne. Ce conflit qui entraîne une baisse des flux de céréales dans les pays africains va s’accentuer si des mesures urgentes et draconiennes ne sont pas prises par les pouvoirs publics.
Le Sénégal, dont l’économie repose particulièrement sur le secteur de l’agriculture qui occupe plus de 60% de la population active, n’est pas épargné par les effets de cette crise et ce malgré le fait que l’État a mis en œuvre d’importants programmes d’amélioration, de renforcement et de modernisation de la base de production agricole a travers les stratégies définies dans le Plan Sénégal Émergent (PSE), qui vise l’autosuffisance en riz, entre autres objectifs.
880 000 personnes auraient besoin d’aide
Dans son dernier rapport, l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur les perspectives de récolte et la situation alimentaire, a souligné qu’ au Sénégal 880.000 personnes auraient besoin d’aide alimentaire.
Cette situation s’explique par le manque de production céréalière constaté en 2021, mais également la baisse des revenus due à l’impact de la pandémie de Covid-19 qui a été négativement déterminante dans l’évolution de l’économie du Sénégal, d’après l’organisation onusienne.
Selon la FAO, près de 40% de la population vivant dans les zones rurales serait encore considérée en situation d’insécurité alimentaire grave ou modérée.
Dans ce cadre et afin de faire face à cette situation, le président du Sénégal, Macky Sall, a pris le devant et a demandé à son ministre de l’Agriculture de mettre en place avant fin décembre 2022, une Stratégie de souveraineté alimentaire du Sénégal (SAS), « consensuelle, pragmatique et durable ».
Le président sénégalais, qui présidait la réunion mercredi 12 octobre du Conseil des ministres, a évoqué le renforcement de la souveraineté alimentaire, rappelant son option d’intégrer le volet souveraineté alimentaire aux missions et à l’intitulé du ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural afin d’asseoir l’extension des surfaces cultivées, l’amplification des productions agricoles et horticoles au regard du volume de nos importations et des modes de consommation.
Dans cette perspective, le chef de l’Etat a souligné le caractère interministériel de cette orientation majeure du « Plan Sénégal Emergent » et a engagé le ministre en charge de l’Agriculture, sous la supervision du Premier ministre, Amadou Ba, d’élaborer, avant fin décembre de cette année, une Stratégie de souveraineté alimentaire du Sénégal, « consensuelle, pragmatique et durable ».
En fait, la souveraineté alimentaire du Sénégal est un objectif visé par les pouvoirs publics depuis plusieurs années. Depuis son élection en 2012, le président Macky Sall, s’est engagé à développer la production alimentaire afin de tirer le pays vers l’autosuffisance.
Atteindre l’autosuffisance en riz, oignons…
Dans ce sens, le Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (PRACAS) mis en place par l’Etat pour fixer les grandes orientations agricoles portées par le PSE (2014-2023), vise notamment à atteindre une autosuffisance en oignon et en riz, l’optimisation des performances de la filière arachidière, le développement des filières fruits et légumes de contre-saison.
La promotion de l’agriculture durable figure également parmi les axes prioritaires du PSE à travers une approche intégrée des chaînes de valeur et la structuration des filières, visant en particulier la mise en valeur du potentiel de l’agriculture commerciale tout en favorisant le développement de l’agriculture familiale.
Outre la stratégie de souveraineté alimentaire qui sera élaborée avant décembre prochain, le président Macky Sall a appelé, fin septembre, le nouveau gouvernement du pays à mettre en œuvre une dizaine de mesures afin de lutter contre la cherté de la vie.
Il s’agit notamment d’accélérer le paiement de la subvention au riz paddy de 30 francs le kilogramme, la suspension des taxes liées aux droits d’accise sur les corps gras appliquées aux importateurs, l’ouverture des négociations entre le gouvernement indien et le Sénégal pour les importations de riz, ainsi que l’élaboration d’un plan spécial de renforcement de la régulation des loyers, un problème qui préoccupe beaucoup les populations locales et aussi les étrangers qui vivent dans ce pays.
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